Tout sur le Comité de la jupe

Publié le par comite de la jupe


Qui êtes-vous?

Nous sommes plus de 300, femmes et hommes, laïcs, religieux et prêtres, un peu partout en France, et en Belgique. (lire la suite) A Paris, un groupe s'est mis en route et prépare activement la marche. Beaucoup souhaitent rester discrets sur leur participation à cause de leurs responsabilités ecclésiales.

Pourquoi avoir choisi ce nom?

Que ce nom déroute, nous le comprenons. Mais au cours de l'histoire, combien d'initiatives ont été masculines, combien de femmes ont été définies par des mots masculins! Est-ce si difficile d'accepter que pour une fois, ce soit le contraire? Bravo aux hommes - de plus en plus nombreux - qui nous rejoignent. Ils font preuve de fair play.

Rappelons que nous ne sommes pas d'abord un mouvement féministe, mais un mouvement de renaissance de notre Eglise où nous souhaitons simplement que les femmes soient justement considérées.

Certains trouvent ce nom agressif. Hélas, l'agressivité était déjà là lorsque nous avons pris notre nom. Celui-ci, au contraire, est né du désir de mettre un peu de légèreté dans des propos bien pesants. Inconsciemment, nous avons cherché à ne pas vouloir nous laisser blesser. Mieux valait renvoyer la balle, sourire, jouer. On nous traite de jupes, nous répondons comme des jupes, c'est tout.

Maintenant, ce nom a une histoire et c'est une inestimable richesse. Observez autour de vous : il s'est répandu comme une traînée de poudre. A chaque fois qu'on le prononce, l'histoire revient. Et cette histoire est une fierté, il n'y a pas de honte à avoir. C'est l'histoire de femmes qui découvrent le "devoir de résistance", qui aident à ouvrir les yeux sur l'urgence de changer et de construire une Eglise prophétique.

Elisabeth Dufourcq a bien montré dans son livre qu'à chaque crise de l'Eglise, ce sont des femmes qui se sont levées (Catherine de Sienne, par exemple) et qu'elle leur a dû le salut. Tant qu'il restera des raisons de dire "trop c'est trop", notre nom sera utile et symboliquement fondé.

N'êtes-vous pas en train de diviser l'Eglise?

L'Eglise, c'est vous et moi, nous tous. Depuis ses origines la Tradition nous reconnaît le sens de la foi, le "sensus fidei". Dira-t-on aujourd'hui que la situation de l'Eglise est la meilleure du monde? Et où serait-il écrit que Jésus a voulu que son Eglise soit une monarchie? Ne devons-nous pas tous prendre part à la fois au diagnostic et au relèvement? L'immobilisme, la passivité, le déni de sa conscience sont des facteurs de ruine. Qui ne change pas recule.

Relisez la parabole des talents (Mt 25, 14-30). Le serviteur blâmé est celui qui enfouit la monnaie sous la terre et la rend à un pour un, sans bénéfice. Et souvenez-vous : il avait peur, il pensait que le maître était dur et âpre au gain.
Croirions-nous en un Dieu fourbe au point de nous empêcher de dire ce qui est bon pour son Eglise, celle qu'il nous a confiée? Si nous avons chassé la peur, nous ferons plutôt comme les deux autres serviteurs qui doublent la mise.
Comment? En parlant, en construisant par la parole et l'échange, qui suscite le lien entre nous. Le corps ecclésial n'est fait que de paroles échangées. Passivité et suivisme ne feront jamais l'Eglise du Christ, de même que la vie spirituelle n'est pas faite de silence, mais de mots qui s'échangent entre le Seigneur et celui qui le prie. Que risque-t-on à s'adresser à Dieu et à nos frères et soeurs? Le silence? Ou qu'ils répondent vraiment? N'allons donc pas faire comme si la réponse était pire que le silence…


Qu'avez-vous donc contre les hommes?

Dieu merci pas grand chose… Nous les aimons. Nous ne sommes pas un mouvement dont le féminisme serait une critique des hommes ni une exaltation du seul sexe féminin.
A l'écoute du Créateur dont la Bible dit "Homme et femme il les créa", nous croyons aux vertus de la différence et au respect envers toute personne humaine.
Simplement, la société change et nous sommes de notre temps. Les femmes sont de bons artisans du Royaume, pourquoi s'en priver ? Vous connaissez le bon mot : "Le féminisme n'a jamais tué personne, le machisme tue tous les jours."
Oui notre ennemi, c'est bien le machisme. Et comme ceux qui le pratiquent ne le voient plus tellement il est "ordinaire", nous les aidons à le voir. Le machisme ecclésial existe vraiment. Nous le relatons parfois dans le blog. Il écrase, humilie, écarte les femmes des responsabilités. Il agit sous la peur ancestrale de la femme.
Et très souvent, il use de ses positions de pouvoir pour parler "à la place" des femmes. "Mulieris dignitatem" cette encyclique du pape Jean-Paul II a beau être pleine de compliments flatteurs, c'est un magnifique placard, et le jour où une papesse écrira un "De viris dignitatem", je pense qu'un petit frisson d'humiliation et une bonne colère réveilleront l'honneur masculin.
A vous, messieurs, de faire en sorte que ce jour n'arrive jamais.

Ne craigniez-vous pas que l'on vous accuse de vouloir le pouvoir?

Touché! La réponse est oui. Oui, nous voulons le pouvoir. Sans honte. En christianisme, le pouvoir est un service. Pourquoi le pouvoir serait-il bon et tourné vers le service lorsqu'il est masculin, et nuisible, accaparant, honteux lorsqu'il est féminin?

Il y a déjà tellement de femmes dans l'Eglise, pourquoi vous plaindre?
C'est vrai! 90% des catéchistes, 100% de l'entretien d'églises, une part importante des aumôneries hospitalières, la majorité des fidèles, surtout sont des femmes. Cela fait beaucoup…. Que des hommes les rejoignent, ce serait un gain pour l'Eglise!
Maintenant, regardez le Vatican, la Conférence des évêques, la commission d'éthique qui va représenter l'Eglise aux Etats généraux de la bioéthique; à la loupe, s'il le faut. Et comptez les femmes….

"Ah, mais à la tête de l'Eglise, ce sont des prêtres" me direz-vous, il faut bien qu'ils gouvernent. Eh bien moi, je vais vous montrer le ver qui ronge ce fruit : c'est la confusion entre le ministère ordonné et le gouvernement de l'Eglise. La présidence de l'eucharistie, c'est une chose. Gouverner, recommander des positions éthiques très importantes, c'en est une autre. Croyez-vous que ce soit de la compétence naturelle d'un évêque de se prononcer sur les mères porteuses ou le statut de l'embryon? Que des femmes accèdent au gouvernement de l'Eglise (et des laïcs hommes aussi), ce serait naturel, sain, et fructueux.

Ne trouvez-vous pas que chacun a son rôle, les femmes dans le souci de la vie, l'accueil, la disponibilité, le don de soi, les hommes dans le pouvoir et la décision?

Peut-être, mais il existe des hommes qui s'épanouissent dans les tâches d'accueil et de compassion, comme il existe des femmes faites pour la décision et le gouvernement. Le "féminin" n'est pas seulement chez la femme, ni le "masculin" seulement chez l'homme.
Aussi nous nous interdisons impérativement de dire ce pour quoi la femme et l'homme sont faits. Il n'y a que "des" femmes, et "des" hommes. "La" femme n'existe pas, pas plus que "l'homme".

En somme, que voulez-vous?

Nous occuper de ce qui nous regarde, notre Eglise.

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Commenter cet article

Fabienne Roger 08/07/2009 20:57

Merci pour la justesse de votre analyse qui redonne le vrai sens du pouvoir dans l'Eglise : un service. Et alors oui, ce service ne doit pas être coupé du monde qu'il prétend servir, et les femmes ont leur place, non pas d'abord en tant que femme mais d'abord en tant que baptisées et chacune avec ce qu'elle est. La résistance féminine n' est pas contre les hommes mais avec eux pour le service de l'Eglise et l'annonce de l'Evangile dans le monde.Cordialement

Ana A 02/07/2009 19:14

Merci beaucoup de votre courage et de tant de vérité.
Un bonjour d'Espagne.
Ana A

Christine 26/05/2009 23:31

bravo, bravo, bravo!
100% d'accord avec vous
oui au changement, non à l'immobilisme
vive la marche avant sans regard dans le rétroviseur!
Christine

MaMa 26/05/2009 14:07

MERCI !!!!!!