Le comité vous invite à sa

première MARCHE des Cathos citoyen(ne)s dans l'Église

 

"Canon 208"

Venez marcher avec nous le Dimanche 11 octobre 2009 !

lire dans son intégralité : " L'appel ! "

 

Mardi 25 août 2009 2 25 /08 /Août /2009 18:29
Avec la rentrée,
le blog du Comité de la Jupe
change d'adresse internet...

Dorénavant, les commentaires sont fermés sur ce blog 

Désormais retrouvez-nous, donnez-nous vos commentaires
et suivez toutes les nouvelles actualités du Comité sur


(avec ce transfert, n'hésitez pas à nous signaler les bug que vous pourriez constater, en nous envoyant un mail à comitedelajupe@laposte.net
Par comite de la jupe
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Mercredi 12 août 2009 3 12 /08 /Août /2009 19:48
sur France Culture,

jeudi 13 août 2009, à 18 h 15

contre-expertise
une émission de Martin Quenehen,


Face à Benoit XVI : l'opinion catholique en crise ?

un débat de 45 minutes avec  : 

Anne Soupa, théologienne,
Henrik Lindell, journaliste à Témoignage Chrétien,
et Benoît Lecomte, prêtre du diocèse d'Angoulème.

Débat que vous pouvez (ré)écouter en cliquant sur ce lien.

Le débat est tonique et de bonne tenue et pose de manière claire les questions fondamentales qui nous intéressent, surtout dans les 30 dernières minutes...
Par comite de la jupe
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Samedi 1 août 2009 6 01 /08 /Août /2009 10:32

L'actualité de Vatican II

par Jean Rigal, publié dans le forum de La Croix le 25 juillet  2009
prêtre du diocèse de Rodez, Jean Rigal est un théologien spécialiste des questions relatives à l'Église. Professeur d'ecclésiologie pendant vingt-cinq ans à la faculté de théologie de Toulouse, il a animé de multiples sessions en France et en différents pays. Il est l'auteur de nombreux articles et d'une quinzaine d'ouvrages.

 

Est-il encore trop tôt pour proposer des réflexions approfondies sur les questions qui viennent de secouer durement l'Église catholique ? On peut, quoi qu'il en soit, relever d'ores et déjà quelques points majeurs qui ont retenu l'attention d'un grand nombre de personnes, appartenant ou non à cette Église.

 

Ce qui frappe, au premier abord, c'est l'écart - ou plutôt le fossé - qui semble s'instaurer entre l'institution ecclésiale, spécialement la hiérarchie romaine, et une grande partie de la société contemporaine, du moins en Occident. On a dit qu'il s'agissait d'un problème de communication, on a parlé de « dysfonctionnement », on a accusé le déferlement médiatique. Certes, tout cela doit être pris en considération. Mais, sans doute, apparaît quelque chose de bien plus profond, qui est de l'ordre du rapport entre la communauté ecclésiale et le monde de ce temps. Un seul exemple, éloquent : il ne suffit plus que le pape parle pour qu'on l'écoute. Cette époque est révolue.

 

En réalité, ce qui est en question c'est ce « dialogue mutuel » dont parlait Vatican II. « Tout ce que nous avons dit, déclare le Concile, sur la dignité de la personne humaine, sur la communauté des hommes, sur le sens profond de l'activité humaine, constitue le fondement du rapport qui existe entre l'Église et le monde, et la base du dialogue mutuel » (Gaudium et spes n. 40). La nécessité de ce dialogue repose d'abord sur trois fondements d'ordre sociologique, éthique, profondément humain. Cela interroge, déplace, stimule le statut de la parole de l'Église dans le monde contemporain. Toute position d'extériorité et de surplomb est désavouée. C'est le mode de présence de l'Église à notre société qui est en jeu et interpellé.

 

Un autre aspect a été fréquemment relevé : l'exercice de la collégialité épiscopale. Il n'est pas rare d'entendre dire qu'elle est devenue un « mythe ». Alors que Vatican II s'était efforcé d'inscrire la collégialité épiscopale à l'intérieur et au service de la communion de l'Église et des Églises locales, ce « lien » des évêques au service de la mission universelle semble trop souvent oublié. On l'a bien perçu dernièrement dans les décisions prises par le seul Centre romain. L'idée de « collégialité » était déjà une idée-force dans les écrits de saint Cyprien (IIIe siècle). Mais par la suite, elle a quasiment disparu au profit d'une autorité centralisatrice, où des motivations subtiles de « pouvoir » au service du bien de l'Église ne sont pas absentes. Il est urgent que la collégialité épiscopale retrouve sa véritable place et toute sa place dans l'animation et la mission de l'Église, surtout lorsqu'il s'agit de décisions « importantes ».

 

Une troisième dimension liée à ces événements a été soulignée : les réactions d'un grand nombre de catholiques et de beaucoup d'autres, sans doute, avec des sensibilités fort différentes et pour des motivations très diverses, sinon opposées. C'est l'un des aspects les plus positifs de ce qui vient d'arriver. En réalité, Vatican II a restauré une vieille notion disparue au cours des siècles : celle du « sens de la foi » du peuple chrétien, c'est-à-dire du « sens évangélique » de l'ensemble des baptisés exercé dans la communion de l'Église. « Le sens chrétien », mis en valeur à six reprises par Vatican II, n'est pas souvent contesté dans son principe, mais son application demeure difficile et même ne parvient guère à s'imposer. On pourrait s'interroger, à ce sujet, sur la réception faite à l'encyclique Humanæ vitæ (1968), concernant la régulation des naissances. Bien évidemment, l'exercice du « sens de la foi » demande information, réflexion et débat. C'est ainsi que, récemment, la défense de Vatican II, que l'on jugeait menacé, a soulevé nombre de protestations fort légitimes. Encore faudrait-il que la communauté catholique connaisse les grands enseignements du Concile dont la réception est à peine commencée. Maints diocèses ont entrepris une formation dans ce sens.

 

Plusieurs des questions soulevées, ces derniers temps, touchent la morale sexuelle. On connaît la discrétion de Vatican II sur ce sujet : le pape Paul VI s'était réservé d'intervenir en ce domaine. Aujourd'hui, la notion de « loi naturelle » revient en force. Son caractère universel et sa dimension profondément humaine sont soulignés. Mais cette notion demande approfondissement, et la notion même de « nature » appelle de nouvelles recherches. Plus immédiatement, pour beaucoup de personnes, ce sont la nouveauté et la complexité des questions et des situations qui posent problème : corps médical, malades atteints du sida, vie de couple, situation de détresse... On l'a bien vu avec « l'affaire de Recife ». La morale des purs principes conduit à des décisions légalistes qui semblent incompatibles avec l'annonce d'une « Bonne Nouvelle ». Une parole « doctrinaire » a peu de chances d'être prise en compte.

Qu'il me soit permis, enfin, de dire quelques mots sur la contribution des théologiens à la réflexion d'ensemble du corps ecclésial. Des théologiens allemands se sont exprimés collectivement sur les événements en question. Cela ne s'est pas produit en France. On peut le regretter, car les théologiens ont à exercer une vocation particulière pour le peuple de Dieu, sans esprit de polémique, humblement, au service de tous. Il faudrait pour cela en prendre les moyens, mais qui en aura l'initiative, sous des modalités à définir ?

 

C'est le service de l'Évangile qui est d'abord en cause dans ces quelques réflexions, et non l'opinion de tel ou tel chrétien en particulier quelle que soit l'importance de ses responsabilités. Car l'Évangile n'attend pas.

Par comite de la jupe - Publié dans : réflexions diverses
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Samedi 1 août 2009 6 01 /08 /Août /2009 00:00

Quand le site Golias  parle sous la plume d'Eva Lacoste du Comité :

 
Les doutes exprimés par l’archevêque de Paris sur les compétences des femmes, en novembre 2008, ne sont pas restés sans écho. Né d’une dignité offensée, le Comité de la jupe entend promouvoir la parole des laïcs et parler de l’avenir de l’Eglise. Au-delà d’un mouvement en désaccord avec le machisme en vigueur, s’affirme l’émergence d’une opinion publique dans l’Assemblée des chrétiens.



« Les femmes lisent l’Écriture tant qu’elles le veulent, je ne pense pas que ce soit une question très difficile (...) Ce qui est plus difficile, c’est d’avoir des femmes qui soient formées. Le tout ce n’est pas d’avoir une jupe, c’est d’avoir quelque chose dans la tête. » Ces fortes paroles, suivies d’un rire qu’on peut aisément qualifier de vulgaire, étaient prononcées lors de l’émission «  Face aux chrétiens  » du 6 novembre 2008. Son auteur : André Vingt-Trois, cardinal-archevêque de Paris et président de la Conférence épiscopale. Un dérapage qui exprime un machisme sérieusement ancré, en particulier dans la hiérarchie.

 

La place des femmes aujourd’hui

 

Loin de tomber aux oubliettes de l’Histoire, l’intervention d’André Vingt-Trois donne naissance deux mois plus tard au Comité de la jupe . Les deux co-fondatrices, Anne Soupa et Christine Pedotti, mobilisent parents, proches, amis et ouvrent un blog en janvier 2009

(comitedelajupe.over-blog.com)


Rédactrice en chef du mensuel Biblia édité par les éditions du Cerf, Anne Soupa avait contacté Christine Pedotti durant l’été 2007 pour écrire un texte sur saint Paul. « On m’avait recommandé le choix de Christine, qui aurait la plume et la niac, et on est restées en contact. » Intitulé « Après Paul, quelle place pour les femmes dans l’Église ? », le texte augure bien de la suite des événements. L’auteure cite la fameuse phrase de Paul de Tarse, « Qu’elle reste à sa place », et poursuit finement l’analyse : « Mais cela vaut-il pour celles qui sont nées avec Vatican II (et après), qui ont le droit de vote, l’accès à la même culture, aux mêmes droits, devoirs et responsabilités que les hommes ? Les propos de Paul sont-ils fondés théologiquement ou sont-ils des propos de circonstance liés à une situation culturelle ? » Se réfère-t-on à Paul pour justifier l’esclavage, alors qu’il a déclaré sans équivoque : « Que les esclaves soient soumis en tout à leurs maîtres. » (Tt 2,9). « Pourquoi en serait-il différemment de la place des femmes dans l’Église ? », pose Christine Pedotti.

 

Après les propos consternants de l’archevêque de Paris, le Comité de la jup e portait plainte devant les tribunaux ecclésiastiques en se référant au Canon 208 qui affirme l’égalité entre tous les baptisés. Plates excuses du Monseigneur, plainte retirée... Le Comité en tout cas a fait mouche et entend rester en alerte. « Lorsqu’est survenue l’affaire de Recife, il était manifeste que les femmes devaient parler », soutient Christine. Repris dans la presse (Libération du 13 mars 2009), ses paroles sont celles d’une femme qui n’a pas peur des mots : « On dirait un cas d’école rédigé par un moraliste fou (...) La condamnation tombe sur l’enfant violée et ignore le beau-père criminel. Il paraît qu’il est contre l’avortement : bel exemple de sens moral ! (...) La petite fille risque sa vie ? Qu’importe ! Ces hommes-là sont prêts à ordonner un sacrifice humain pour soutenir leur loi. » Dans la foulée, c’est l’affaire du préservatif, où on entend Christine lancer à la radio : « Messieurs les évêques, sortez de la chambre à coucher des fidèles. » Le 6 mars, à deux jours de la fête des femmes, les Chiennes de garde décernaient le Premier Prix Macho à André Vingt-Trois. Le Comité de la jupe, pour sa part, envoyait un courrier à tous les évêques pour leur demander s’ils étaient prêts à dialoguer. Trois réponses sur quatre-vingt-dix, et encore de peu d’intérêt...

 

Parole plurielle, paroles de liberté

 

« Tous ces événements ont créé les conditions de l’émergence d’une opinion publique dans l’Église, poursuit Christine Pedotti. Nous étions prêtes, un terrain ferme sous nos pieds et un projet solide : promouvoir l’expression des laïcs et favoriser la parole plurielle. » En partant des questions concrètes, des attentes, des souffrances, et en mettant les réflexions en commun. Après deux réunions et le « miracle d’internet », pour reprendre les termes employés par Christine, le Comité de la jupe s’étoffe : deux inscriptions en moyenne par jour et près de trois cents adhérents, en France, en Belgique, au Canada, et aussi au Brésil parmi des religieuses françaises. « Lors du premier tour de table, nous avons été frappées par la qualité des participants sur le plan humain et intellectuel, presque tous responsables de mouvements, enseignants, pour certains théologiens de haut niveau. Presque tous nous ont dit que c’est la colère qui les avait fait venir, et j’ai entendu cette phrase : « On vient là avant de partir. » Un Comité qui se masculinise assez bien, des couples, des prêtres, des religieux, jésuites, dominicains, spiritains... « Nous avons une écoute très marquée chez les diacres, ainsi que leurs épouses qui sentent bien les choses et ont besoin d’une instance comme la nôtre. »

 

« L’Eglise est hémiplégique »

 

« L’Église est hémiplégique, lance Anne Soupa, la présidente du Comité. Il est vrai que de plus en plus de responsabilités sont exercées par des femmes, parfois même importantes, et on assiste en même temps à une réaction phobique liée à une entreprise de restauration, en particulier chez les jeunes prêtres et évêques. » Le mouvement qui s’affirme : « C’est en quelque sorte le lumpum prolétariat qui se réveille au sein de l’Ecclesia. On est au fond de la cale et on rame, et encore on nous fait sortir du chœur et on nous met dans la nef. » Au nom de quelle supériorité ? «  On nous adresse des louanges, alors qu’on nous tient en grande défiance. » La concurrence serait-elle trop rude ? Journaliste, investie dans l’étude et la transmission des Ecritures, théologienne et bibliste, Anne Soupa a publié plusieurs ouvrages dont Pâques, art du passage (éd. du Cerf, 2009). Christine Pedotti a fait le catéchisme à Saint-Jacques-du-Haut-Pas (Paris Ve), a été responsable des aumôneries du quartier Latin et dirigé durant quinze ans les éditions religieuses du groupe Fleurus avant de s’essayer avec bonheur au roman policier (la Longue Patience du sanglier, éd. Plon 2009). Par ailleurs, toutes deux ont fait Sciences Po, et si elles restent discrètes sur leur curriculum vitae, ceux-ci méritaient d’être soulignés car partagés avec de nombreuses femmes.

 

 

Et si on parlait d’avenir ?

 

 

« De la part de l’institution, on ne parle pas d’avenir, ce n‘est pas un sujet, et les chrétiens eux-mêmes ne parlent pas de l’avenir de leur Église, or c’est ce qui nous intéresse, souligne Christine. Le monde qui vient a-t-il besoin de l’ Évangile, et s’il en a besoin , est-ce qu’on lui annonce ? » Le Comité affine sa réflexion à partir de textes de théologiens comme Joseph Moingt, Maurice Vidal, Jean Rigal qui écrit dans l’église à l’épreuve du temps : « Les laïcs sont majeurs dans la vie sociale, le sont-il aussi dans la vie de l’Eglise ? » Les laïcs ne portent pas la mission que le concile Vatican II leur a confié... «  Soit on pense que l’Église va mal parce qu’elle manque de prêtres, soit parce qu’elle manque de laïcs dans leur juste prise de responsabilité. »

 

 

Un vrai renversement qui engage le Comité de la jupe à une marche pour le laïcat aux côtés d’autres mouvements et associations. « Nous voulons exercer toutes nos responsabilités, et avant d’en revendiquer d’autres commençons par user de celles qui nous sont confiées de droit, insiste Christine. Quand on voit la longue procession des cardinaux en rouge, si vieux, si hommes, si blancs, je pense que bien des catholiques ne se reconnaissent pas. »

 

Être d’accord ou partir. Beaucoup refusent cette alternative.

 

« Chacun est Église, résume Anne Soupa. Le moment est venu de se donner des espaces où vivre le débat et inventer, dans la parole échangée, l’Église de demain. »

Par comite de la jupe - Publié dans : réflexions diverses
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Dimanche 19 juillet 2009 7 19 /07 /Juil /2009 23:18


Pour ceux et celles qui veulent d'abord préparer "dans leur tête" la marche du 11 octobre, le comité de la jupe a tracé un parcours de réflexion en 5 étapes.
Un peu long à mettre en ligne...
Mais il est à la disposition de ceux et celles qui nous le demandent à : comitedelajupe@laposte.fr.
Pour vous mettre déjà en marche, à côté des personnes, là sur ce petit chemin de campagne, lisez vite ce résumé.



PETIT RESUME DES 5 ETAPES
DU PARCOURS DU COMITE DE LA JUPE

 

 

1ère étape : Nous marchons pour témoigner du mouvement naturel qui anime un chrétien. Selon l'adage, "l'Eglise se convertit sans cesse", le chrétien n'est jamais arrivé. 


2e étape :
L'Eglise ne travaille pas pour elle, mais pour "la communion avec Dieu et l'unité du genre humain". Sa tâche constante et jamais achevée doit être d'écouter l'humanité pour connaître son désir et soulager ses souffrances. Toute sa structure dépend de cette priorité. 

Et aujourd'hui plus encore qu'hier, le chrétien doit annoncer à son frère qu'il est aimé de Dieu. A cette fin, il ose dire sa foi.


3e étape :
Mais cherchons plus au cœur : cette re formulation laisse parfois dans l'ombre des images de Dieu surprenantes, bien éloignées de celle du Christ dépouillé, pendu par amour sur une croix. Souvent nous faisons de Dieu un juge terrible qui infantilise l'homme au lieu de le libérer de son péché et surtout de l'aimer.  Pourquoi s'intéresser à cela ici?

Parce que nous sommes convaincus qu'une bonne part de la poussée intégriste et des raidissements moralisateurs et légalistes d'une partie de l'Eglise est due à ces images trompeuses.


4e étape :
En effet, telles sont les images de Dieu, telle sera l'Eglise ; si Dieu invite l'être humain à être libre, co-créateur, responsable, les croyants de son Eglise le seront aussi. Si au contraire, Dieu est un juge sévère qui distille la peur, son Eglise sera autoritaire, sans liberté, dominatrice.


5e étape :
Elle sera consacrée à la révolution silencieuse qui depuis 50 ans a bouleversé le partage des tâches dans l'Eglise. Diacres et laïcs, femmes le plus souvent, ont des responsabilités importantes mais aucune reconnaissance institutionnelle n'en prend acte. Les laïcs restent maintenus en enfance, tandis que prêtres et diacres craignent d'oser une parole libre.

Par comite de la jupe
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Dimanche 28 juin 2009 7 28 /06 /Juin /2009 11:05



« Aime et fait ce que tu veux ! » dit saint Augustin. S’il me faut dire ce que signifie être catholique, c’est de là que je partirai. L’ordre des mots d’Augustin soumet le vouloir à l’amour. Autrement dit : « Que ton faire soit l’expression de ton vouloir commandé par l’amour ! » Jésus nous a laissé son commandement nouveau : « Aimez-vous les uns les autres… C’est à l’amour que tous vous reconnaîtront pour mes disciples… » Mais quel est donc cet amour ?

Aimer, comme en parle saint Augustin, c’est un acte bien plus qu’un sentiment, une détermination personnelle, un vouloir, mais un vouloir qui n’enferme pas, qui consent à l’incertain et s’ouvre à l’inattendu. C’est une aventure toute d’écoute, d’humilité, dans laquelle peu à peu s’affine le vouloir, et qui, chemin faisant, mène à la liberté. La liberté est moins le début de l’amour que son aboutissement, son fruit – comme la joie.

Cet amour-là, naturellement, n’est pas enfermé dans les frontières du catholicisme. Cependant, c’est là que je l’ai reçu. Et pour moi, être catholique, c’est avant tout se mettre à l’école de cet amour auquel Jésus a donné chair. Au point que nous comprenons, en Jésus, que cet amour est Dieu.

Parce que l’Église se veut communion, elle est ce lieu où nous pouvons nous soutenir les uns les autres dans l’amour, nous encourager et nous corriger. Parce qu’elle est humaine, l’Église, est un lieu où l’amour est à la fois servi et blessé, mais, en la personne du Fils de l’homme, la blessure appelle à la remise en question, pour aimer davantage. En la personne du Fils de l’homme, nous apprenons que l’amour est fort comme la mort, qu’il traverse la nuit…

Être catholique, c’est croire que dans la communion de ceux qui ont, sont et seront appelés par le Fils vers le Père, cet amour peut être découvert, reçu, vécu, donné, pour tous les hommes sans exception aucune, parce que tous naissent de cet amour. Être catholique, c’est croire que cet amour est le nom d’un salut – d’une vie en plénitude – qui ne connaît aucune frontière, pas même celle de l’Église. Être catholique, c’est vouloir servir cet amour, s’en savoir incapable par soi-même, et s’en découvrir pourtant la force et la joie, par la grâce de cet amour lui-même. Être catholique, c’est cet appel, ce très puissant désir…

 

Jean-François Bouthors


Nota du comité : bien sûr, on pourrait dire "chrétien" au lieu de "catholique".

Par comite de la jupe - Publié dans : expériences vécues
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Samedi 27 juin 2009 6 27 /06 /Juin /2009 10:36

Benoît XVI lui même nous écrit en commençant par nous parler de l'expérience du Feu de Dieu...:




"En parlant de feu, Jésus fait d'abord allusion à sa passion de l'amour et donc à un feu ; elle est le nouveau buisson ardent qui brûle sans se consumer, un feu qui doit se répandre.

Jésus ne vient pas pour rendre la vie facile, mais il apporte le feu sur la terre, le grand feu vivant de l'amour de Dieu, qu'est le Saint Esprit, un feu qui brûle. Origène rapporte une parole apocryphe de Jésus : "Qui m'approche approche du feu." Celui-là donc qui l'approche doit être prêt à se laisser enflammer.

Le feu qui brûle n'est pas un feu qui détruit, mais un feu qui éclaire, qui purifie, qui libère, qui fait grandir.

Etre chrétien, c'est risquer de s'exposer à ce feu-là avec confiance.

Le Christ est celui qui nous apporte la paix. Je dirais que c'est là le sens premier. Mais nous ne pouvons vraiment comprendre cette paix qu'apporte le Christ que si nous ne la concevons pas comme un échappatoire aux souffrances, ou à la vérité et aux débats qu'elle entraîne.

Si la seule préoccupation de l'Église était d'éviter les conflits, pour qu'il n'y ait pas de remous, son message spécifique ne passerait plus. Car le but de ce message est aussi de débattre avec nous, d'arracher les hommes au mensonge et de faire la lumière et la vérité. Il n'y a pas de vérité au rabais. Elle est exigeante et même brûlante
."


Benoît XVI, Voici quel est notre Dieu, Plon, 2005, p 157-158.

Alors aurons-nous la surprise et la joie d'avoir comme premier marcheur d'honneur
le 11 octobre prochain, un soutien de si grande qualité ?

Déjà c
ette marche n'est plus, dès lors, la marche des seuls "laïcs citoyens" mais bel et bien celle des "cathos citoyens".

La Parole nous habite tous, de notre vénérable Benoît XVI au catho le plus anonyme...
Laissons-nous nous exposer au Feu qu'elle révèle en nous !

Alors encouragé par un tel frère,
ne résistons pas à la joie de faire circuler cette parole entre nous.
Apprenons à la débattre ensemble, sans crainte, sans voile et sur la place publique !


 .....................


Mais déjà sans attendre le 11, faisons un pas de plus dans le débat ainsi engagé :

- Pourquoi cette interrogation demeure en nous lorsque nous entendons ces propos :
vont-ils au terme de ce qu'ils disent ?
- Tirent-ils les conséquences qui s'imposent ?

Car bien souvent l'expérience nous donne de percevoir comme deux types de discours dans le Magistère : un "très feu" lorsqu'il parle ad extra, et un "plus tiède" ad intra...

Or n'est-ce pas au même Feu que, tous, nous sommes appelés à nous laisser brûler ?

Cela ne signe-t-il pas dès lors un problème de confiance entre nous ?
Non pas qu'il faile avoir une confiance naïve, fleur-bleue, mais celle qui traverse les désillusions et qui s'enracine dans la bienveillance du Père unique.

Or si nous nous faisons vraiment confiance mutuellement, alors nous pouvons nous parler en partenaires à égalité, non dans une relation disymétrique Majeur-mineur, Supérieur-inférieur, Adulte-enfant, Maitre-serviteur.
Suivant en cela Jésus lui-même :
"Je ne vous appelle plus serviteurs, mais amis" (Jean 15, 14-15).



Par comite de la jupe - Publié dans : réflexions diverses
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Samedi 20 juin 2009 6 20 /06 /Juin /2009 07:14
Si cette photo est bien le reflet d'une certaine réalité, alors oui elle résonne pour nous, non comme un rêve mais bien comme un cauchemar...

Faisons donc notre possible pour que, jamais, oui vraiment jamais, notre Eglise ne devienne un lieu de dissimulation et de peur.

Un lieu où l'on dit les choses derrière un masque parce qu'on ne peut les entendre de face. Ni pour les imposer, ni pour les déplorer.

Un lieu où les êtres humains souffrent de ne pas être écoutés
et de ne pas pouvoir s'écouter eux-mêmes. 

Et comme elles sont massives les souffances dans l'Eglise,
celles que l'on s'impose à soi-même et celles que l'on impose à autrui,
non par esprit évangélique, mais par simple paresse d'esprit...

Un lieu où l'on préfère se priver de compétences
plutôt que de s'adjoindre des personnalités libres et audacieuses.

Un lieu fracturé où l'on suspecte l'autre,
où l'on fomente contre contre son frère.

Un lieu où l'alignement à la pensée la plus primaire,
la plus inepte parfois,
sert de vertu.
Evidemment, si l'on se mettait à penser,
on risquerait de rejoindre cet autre chargé de tous les péchés.

Un lieu où l'on préfère stagner plutôt qu'avancer. 

Un lieu où l'on aurait oublié le bel adage de nos Pères :
"Ce qui concerne tout le monde doit être délibéré par tous"

Et à visage découvert....
Par comite de la jupe - Publié dans : l'image qui parle
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Jeudi 18 juin 2009 4 18 /06 /Juin /2009 00:00
... en mémoire d'un appel qui fit date dans l'Histoire...

un autre appel qui pourrait faire date...

pour une marche "canon 208",
un calibre qui ne peut que se faire entendre...












































Xavier
Par Comité de la jupe - Publié dans : l'image qui parle
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Vendredi 12 juin 2009 5 12 /06 /Juin /2009 19:38

C’est parfois ce qu’on a sous le nez qu’on voit le moins !


Le dimanche de la Pentecôte, au cours de la messe à laquelle j’assiste, ont lieu trois baptêmes de petits enfants ; deux petites filles et un petit garçon.

À la fin, le célébrant invite les parents et les jeunes baptisés dans le chœur, et toute la communauté les applaudit.

Jolie image que ces trois bébés, dans les bras de leurs parents émus, et nous faisant face pour que nous les accueillions et les « adoptions ». Les voilà, joyeux bambins, devenus nos jeunes frères et sœurs dans le Christ.

Jusque-là, rien que de très normal, joli et émouvant. Et tout à coup, je me rends compte qu’on vient de faire les mêmes gestes, de dire les mêmes paroles, en un mot, de célébrer le même baptême pour les filles et pour les garçons. Et ce n’est pas une nouveauté ; il en fut toujours ainsi !

Et alors, me direz-vous, en quoi est-ce remarquable ?
Tout simplement parce que nous sommes les seuls, nous chrétiens à ne faire aucune différence entre les fils et les filles de Dieu, sans doute parce que Dieu lui-même n’en fait pas.
Oui, réfléchissez, nous sommes les seuls. Les petits enfants juifs ou musulmans n’ont pas les mêmes rites d’accueil suivant qu’ils sont filles ou garçons. Dans l’Hindouisme, la différence commence dès la grossesse, où l’on prie pour que l’enfant soit mâle, et les rites de naissance concernent seulement les garçons. Et dans le Bouddhisme, il n’y a pas de rite autour de la naissance, mais l’une des traditions les plus assurées est de dire qu’il faut à une femme se réincarner en homme avant d’atteindre le nirvana.

Mais chez les chrétiens, rien de tout ça. Un seul baptême !
Cette chose qui nous semble évidente est une vraie nouveauté. Un vrai signe de la Bonne Nouvelle qui s’adresse identiquement aux hommes et aux femmes. Par le baptême, nous sommes hommes et femmes, identiquement, équivalemment, prêtre prophète et roi.

N’en déplaise aux pourfendeurs des « gender studies », il semblerait bien que le genre ne soit pas une différence si essentielle. Sous le regard Dieu, nous sommes, hommes ou femmes, enfants bien-aimés.

De cette « révélation » de Pentecôte, il me vient l’idée que ce n’est pas un hasard si l’émancipation des femmes naît dans des sociétés profondément labourées par la culture chrétienne.
L’égalité homme/femme n’est pas un gadget, ni une mode. C’est un fruit de l’Évangile, qui fut certes, long à mûrir, tant la misogynie est la norme ordinaire des sociétés humaines, mais c’est un fruit direct de l’Évangile, une « appellation d’origine contrôlée » du terroir chrétien.

« Vous tous en effet, baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ : il n’y a ni Juif ni Grec, il n’y a ni esclave ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme ; car tous vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus. » Galates 3, 27-28. C.Q.F.D., Merci Paul !

Christine Pedotti  

 

 

Par comite de la jupe - Publié dans : expériences vécues
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Vendredi 5 juin 2009 5 05 /06 /Juin /2009 10:03

LE COMITE DE LA JUPE

Vous invite à

La première MARCHE

des cathos citoyens / nes dans l'Église

"Canon 208"

— Vous croyez que l’Évangile est une nouvelle vraiment bonne

— Vous croyez que cette bonne nouvelle change la vie, le monde,

       et qu’elle l’a déjà fait.

— Vous croyez que l’Église a la mission d’annoncer cette bonne nouvelle.

— Vous croyez que l’Église ne se donne pas tous les moyens de le faire.

Venez marcher avec nous :

 

Dimanche 11 octobre 2009,

A Paris et dans les grandes villes

 

— Nous aimons l’Église

— Nous en sommes les membres, les pieds, les mains,

       mais aussi le coeur et l’imagination.

— Nous avons de grandes richesses et de grandes énergies à offrir au monde.

— Hommes, femmes, laïcs ou clercs, mettons-nous en marche.

— Parlons-nous, écoutons-nous, partageons notre espérance,
     rêvons l’avenir ensemble.

                                                                        Et faisons-le advenir!


réservez la date,

alertez vos amis et participez !



Le comité de la jupe
a été fondé par Anne Soupa et Christine Pedotti, fin 2008, à la

suite des propos de Mgr Vingt-Trois, cardinal-archevêque de Paris et président de la

conférence des évêques de France : « le tout, ce n’est pas d’avoir une jupe, c’est d’avoir

quelque chose dans la tête ! ». Le comité s’engage pour une Église prophétique ouverte

à tous sans discrimination de sexe ou d'état de vie.

 

Le canon 208

extrait du Code de droit canonique, le droit de l'Eglise

"Entre tous les fidèles, du fait de leur régénération dans le Christ, Il

existe quant à la dignité et à l’activité, une véritable égalité en vertu de laquelle tous

coopèrent à l’édification du Corps du Christ, selon la condition et la fonction propres de

chacun."

Par comite de la jupe - Publié dans : présentation
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Mercredi 27 mai 2009 3 27 /05 /Mai /2009 10:30
Ce que je crois profondément, c’est que l’espoir réside dans une forme de retour en arrière. Il nous faut retrouver la jeunesse des premiers chrétiens, ni installés, ni puissants, parfois jugés ridicules. Une faiblesse qui, en réalité, est une force et peut nous aider à résister au lieu de nous affaiblir. Ce retour à la semi-clandestinité, avec la joie et non pas le sens du martyre qu’il suppose, me donne de l’énergie !

Comment retrouver cette vigueur après deux mille ans d’histoire ?
C’est parce que je suis persuadée qu’il faut être au plus près du Christ et de sa Parole que je tiens ces propos au ton idéaliste. Certes, nous avons appris à nous recroqueviller discrètement dans notre coquille, à ne plus évangéliser, à ne plus être prosélytes. Mais nous pouvons tout de même rayonner à travers notre droiture, notre charité, notre joie aussi, j’y tiens. Nous récoltons de mauvais fruits en ayant valorisé la souffrance et le dolorisme. Personnellement, c’est l’idée d’un christianisme joyeux qui m’en a rapprochée après que je l’avais abandonné.

Qui sont, selon vous, les chrétiens d’aujourd’hui ?
Il me semble qu’il y a actuellement beaucoup plus de chrétiens que de gens qui fréquentent les églises. Certains vivent une relation quasi protestante à Dieu, se satisfaisant de leur propre pensée, leur propre prière. Je les comprends, ayant moi-même un « problème » avec la hiérarchie ecclésiale, le pape notamment : je suis hantée par ses déclarations si fermées, jusqu’à être d’accord avec le journal Réforme lorsqu’il titrait : « Ad nauseam »… Je suis, bien entendu, persuadée de la spiritualité hors du commun et de la haute valeur intellectuelle de Benoît XVI. Mais tout autant choquée par la main tendue aux intégristes, la béatification des religieux espagnols tués durant la guerre civile alors que l’Espagne essaie de se « mettre au clair » avec son histoire, la supériorité numérique des cardinaux occidentaux quand l’avenir de l’Église est ailleurs, l’absence d’égalité entre hommes et femmes (les amis du Christ n’étaient-ils pas aussi – surtout – des femmes ?)… La hiérarchie institutionnelle dans laquelle vit l’Occident me semble désuète, sinon dangereuse dans son inadéquation aux réels besoins du monde. Je crains que le grand déploiement de Vatican II n’ait trouvé sa fin.


Les femmes ont-elles un rôle spécifique à jouer ?

Elles sont déjà là, très présentes, dans la catéchèse, les activités en paroisse, toutes ces tâches réservées par l’Église aux « non-PDG »…

Durant mon séminaire, j’avais une étudiante merveilleuse : physique éblouissant, grande intelligence. Seulement, elle ne venait en cours qu’une semaine sur deux, ce qui m’étonnait. Jusqu’à ce que j’apprenne qu’elle suivait une formation pour devenir pasteure. Elle allait, en outre, se marier deux mois plus tard. J’y ai vu une superbe réussite, une image de plénitude que je déplore de savoir – pour le moment – impossible dans l’Église catholique.


Propos recueillis par Emmanuelle Giuliani, 27 mai 09

Intégralité sur :
http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2323357&rubId=4078

xavier

Par comite de la jupe - Publié dans : expériences vécues
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Lundi 25 mai 2009 1 25 /05 /Mai /2009 18:56

      
L’homélie de Benoît XVI au stade international d’Amman, en Jordanie, le 10 mai 2009, est un petit bijou de condensé de cette idéalisation  des femmes  qui permet de passer à côté de la femme réelle dans l’Eglise.  Evoquant  « la dignité particulière »,  «  la vocation » et  « la mission des femmes »,  il  s’empresse de la repérer  chez les  « mères » ou « religieuses ». La dignité de toutes les autres- un bon nombre tout de même- passerait-elle  aux oubliettes ?

  Et il poursuit « Qui peut dire ce que l’Église ici présente doit au patient, aimant et fidèle témoignage d’innombrables mères chrétiennes, religieuses, enseignantes, médecins ou infirmières ? ». Educatrices ou soignantes sans doute mais pourquoi pas  ingénieurs, chercheuses, chefs d’entreprise …? 

Comme par hasard, et non sans contradiction, après le rappel de ces professions estampillées « bien féminines », vient en point d’orgue, un éloge de  l’heureuse complémentarité homme-femme : « Dès les premières pages de la Bible, nous voyons comment l’homme et la femme, crées à l’image de Dieu, sont destinés à se compléter l’un l’autre en tant qu’intendants des dons de Dieu et partenaires dans la communication du don qu’il fait de sa vie au monde, à la fois sur le plan biologique et spirituel. »


On se mettrait presque à  craindre que les célibataires non consacrées, déjà dispensées de dignité le soit aussi de ce destin de complémentarité, si l’on n’avait soi-même cessé de croire à cette fameuse complémentarité homme-femme.  Elle fait trop songer à ce mot d’humour : « Ne faire qu’un ? oui, mais lequel ? ». 


Qui plus est, complémentarité à géographie variable : puisque force est de constater que les femmes sont un peu plus complémentaires que bien des hommes pour tout ce qui touche, par exemple, aux travaux domestiques… et que, dans l’Eglise, les hommes se passent, par exemple, de la complémentarité des femmes dans certains ministères, ou tout simplement de leur parole chaque dimanche.
Mystère théologique des ratés de cette complémentarité « biologique »… de cette égalité affirmée entre les sexes qui n’entraîne pas, de fait, une égalité de traitement. Comme le dit malicieusement Sacha Guitry «  Je reconnaîtrais volontiers que les femmes nous sont supérieures si cela pouvait les dissuader de se prétendre nos égales. »

 

Complémentarité illusoire, enfin, que cette  volonté d’être ensemble le tout, cette nostalgie de l’un, dans la fusion  de nos différences. On dira qu’elles sont maintenues bien sûr mais la pratique  montre trop souvent que ce n’est pas si simple. Au nom de la complémentarité, et de la différence maintenue, que d’enjeux de pouvoir dans le couple ou dans les institutions !
Impossible d’oublier  qu’être homme et femme, être sexué, c’est être « secare » , coupé, séparé.   C’est être, justement, du côté du « pas-tout ». Incomplets.  Pas de moitié d’orange comblante à attendre.. L’un n’a pas à espérer  de l’autre qu’il lui donne enfin ce qu’il n’a pas. 

 
Il y a là un écart qui ne se surmonte pas.  Quelque chose en l’autre d’inaccessible . Rude  mais heureuse  épreuve qui nous fait d’autant plus rêver qu’hommes et femmes soient associés dans l’Eglise. Réellement. Pas l’un sans l’autre. Pour de bon.


Claude Plettner

Par comite de la jupe
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Dimanche 24 mai 2009 7 24 /05 /Mai /2009 17:42

Qui êtes-vous?

Nous sommes plus de 300, femmes et hommes, laïcs, religieux et prêtres, un peu partout en France, et en Belgique. (lire la suite) A Paris, un groupe s'est mis en route et prépare activement la marche. Beaucoup souhaitent rester discrets sur leur participation à cause de leurs responsabilités ecclésiales.

Pourquoi avoir choisi ce nom?

Que ce nom déroute, nous le comprenons. Mais au cours de l'histoire, combien d'initiatives ont été masculines, combien de femmes ont été définies par des mots masculins! Est-ce si difficile d'accepter que pour une fois, ce soit le contraire? Bravo aux hommes - de plus en plus nombreux - qui nous rejoignent. Ils font preuve de fair play.

Rappelons que nous ne sommes pas d'abord un mouvement féministe, mais un mouvement de renaissance de notre Eglise où nous souhaitons simplement que les femmes soient justement considérées.

Certains trouvent ce nom agressif. Hélas, l'agressivité était déjà là lorsque nous avons pris notre nom. Celui-ci, au contraire, est né du désir de mettre un peu de légèreté dans des propos bien pesants. Inconsciemment, nous avons cherché à ne pas vouloir nous laisser blesser. Mieux valait renvoyer la balle, sourire, jouer. On nous traite de jupes, nous répondons comme des jupes, c'est tout.

Maintenant, ce nom a une histoire et c'est une inestimable richesse. Observez autour de vous : il s'est répandu comme une traînée de poudre. A chaque fois qu'on le prononce, l'histoire revient. Et cette histoire est une fierté, il n'y a pas de honte à avoir. C'est l'histoire de femmes qui découvrent le "devoir de résistance", qui aident à ouvrir les yeux sur l'urgence de changer et de construire une Eglise prophétique.

Elisabeth Dufourcq a bien montré dans son livre qu'à chaque crise de l'Eglise, ce sont des femmes qui se sont levées (Catherine de Sienne, par exemple) et qu'elle leur a dû le salut. Tant qu'il restera des raisons de dire "trop c'est trop", notre nom sera utile et symboliquement fondé.

N'êtes-vous pas en train de diviser l'Eglise?

L'Eglise, c'est vous et moi, nous tous. Depuis ses origines la Tradition nous reconnaît le sens de la foi, le "sensus fidei". Dira-t-on aujourd'hui que la situation de l'Eglise est la meilleure du monde? Et où serait-il écrit que Jésus a voulu que son Eglise soit une monarchie? Ne devons-nous pas tous prendre part à la fois au diagnostic et au relèvement? L'immobilisme, la passivité, le déni de sa conscience sont des facteurs de ruine. Qui ne change pas recule.

Relisez la parabole des talents (Mt 25, 14-30). Le serviteur blâmé est celui qui enfouit la monnaie sous la terre et la rend à un pour un, sans bénéfice. Et souvenez-vous : il avait peur, il pensait que le maître était dur et âpre au gain.
Croirions-nous en un Dieu fourbe au point de nous empêcher de dire ce qui est bon pour son Eglise, celle qu'il nous a confiée? Si nous avons chassé la peur, nous ferons plutôt comme les deux autres serviteurs qui doublent la mise.
Comment? En parlant, en construisant par la parole et l'échange, qui suscite le lien entre nous. Le corps ecclésial n'est fait que de paroles échangées. Passivité et suivisme ne feront jamais l'Eglise du Christ, de même que la vie spirituelle n'est pas faite de silence, mais de mots qui s'échangent entre le Seigneur et celui qui le prie. Que risque-t-on à s'adresser à Dieu et à nos frères et soeurs? Le silence? Ou qu'ils répondent vraiment? N'allons donc pas faire comme si la réponse était pire que le silence…


Qu'avez-vous donc contre les hommes?

Dieu merci pas grand chose… Nous les aimons. Nous ne sommes pas un mouvement dont le féminisme serait une critique des hommes ni une exaltation du seul sexe féminin.
A l'écoute du Créateur dont la Bible dit "Homme et femme il les créa", nous croyons aux vertus de la différence et au respect envers toute personne humaine.
Simplement, la société change et nous sommes de notre temps. Les femmes sont de bons artisans du Royaume, pourquoi s'en priver ? Vous connaissez le bon mot : "Le féminisme n'a jamais tué personne, le machisme tue tous les jours."
Oui notre ennemi, c'est bien le machisme. Et comme ceux qui le pratiquent ne le voient plus tellement il est "ordinaire", nous les aidons à le voir. Le machisme ecclésial existe vraiment. Nous le relatons parfois dans le blog. Il écrase, humilie, écarte les femmes des responsabilités. Il agit sous la peur ancestrale de la femme.
Et très souvent, il use de ses positions de pouvoir pour parler "à la place" des femmes. "Mulieris dignitatem" cette encyclique du pape Jean-Paul II a beau être pleine de compliments flatteurs, c'est un magnifique placard, et le jour où une papesse écrira un "De viris dignitatem", je pense qu'un petit frisson d'humiliation et une bonne colère réveilleront l'honneur masculin.
A vous, messieurs, de faire en sorte que ce jour n'arrive jamais.

Ne craigniez-vous pas que l'on vous accuse de vouloir le pouvoir?

Touché! La réponse est oui. Oui, nous voulons le pouvoir. Sans honte. En christianisme, le pouvoir est un service. Pourquoi le pouvoir serait-il bon et tourné vers le service lorsqu'il est masculin, et nuisible, accaparant, honteux lorsqu'il est féminin?

Il y a déjà tellement de femmes dans l'Eglise, pourquoi vous plaindre?
C'est vrai! 90% des catéchistes, 100% de l'entretien d'églises, une part importante des aumôneries hospitalières, la majorité des fidèles, surtout sont des femmes. Cela fait beaucoup…. Que des hommes les rejoignent, ce serait un gain pour l'Eglise!
Maintenant, regardez le Vatican, la Conférence des évêques, la commission d'éthique qui va représenter l'Eglise aux Etats généraux de la bioéthique; à la loupe, s'il le faut. Et comptez les femmes….

"Ah, mais à la tête de l'Eglise, ce sont des prêtres" me direz-vous, il faut bien qu'ils gouvernent. Eh bien moi, je vais vous montrer le ver qui ronge ce fruit : c'est la confusion entre le ministère ordonné et le gouvernement de l'Eglise. La présidence de l'eucharistie, c'est une chose. Gouverner, recommander des positions éthiques très importantes, c'en est une autre. Croyez-vous que ce soit de la compétence naturelle d'un évêque de se prononcer sur les mères porteuses ou le statut de l'embryon? Que des femmes accèdent au gouvernement de l'Eglise (et des laïcs hommes aussi), ce serait naturel, sain, et fructueux.

Ne trouvez-vous pas que chacun a son rôle, les femmes dans le souci de la vie, l'accueil, la disponibilité, le don de soi, les hommes dans le pouvoir et la décision?

Peut-être, mais il existe des hommes qui s'épanouissent dans les tâches d'accueil et de compassion, comme il existe des femmes faites pour la décision et le gouvernement. Le "féminin" n'est pas seulement chez la femme, ni le "masculin" seulement chez l'homme.
Aussi nous nous interdisons impérativement de dire ce pour quoi la femme et l'homme sont faits. Il n'y a que "des" femmes, et "des" hommes. "La" femme n'existe pas, pas plus que "l'homme".

En somme, que voulez-vous?

Nous occuper de ce qui nous regarde, notre Eglise.
Par comite de la jupe - Publié dans : présentation
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Lundi 18 mai 2009 1 18 /05 /Mai /2009 18:30

 Les lignes qui suivent sont extraites du discours que Florence Delay a prononcé jeudi 14 Mai, jour de la réception de Monseigneur Claude Dagens à l'Académie française, au fauteuil de René Rémond.

"Mais comme je pourrais m’assombrir en songeant aux horreurs qu’ils (les Pères de l'Eglise)ont répandues sur les femmes. Je les cite avec peine n’ayant jamais imaginé que le sort de mon sexe dit beau, second et faible, était un destin. Pour Thomas d’Aquin, je corresponds « au second dessein de la nature, de même que la putréfaction, la difformité et la décrépitude.» Pour Albert le Grand je suis moins qualifiée que l’homme pour la morale, car je contiens plus de liquide. Je suis « un homme raté » dont on se doit garder « comme d’un serpent venimeux». Pour Clément d’Alexandrie, la conscience même de ma nature ne devrait évoquer en moi qu’un sentiment de honte. Brisons-là.

 

Rien dans les Évangiles n’annonce semblable opprobre. Nous sommes, avec les apôtres, les premières amies du Christ. « Les femmes, ses amies », répétait l’ancien évêque auxiliaire de Paris, Daniel Pezeril. Dans l’Évangile du disciple préféré, Jean, c’est à la femme aux cinq maris, une étrangère de Samarie, que Jésus confie pour la première fois qui il est. C’est la femme aux parfums qu’il défend contre ses disciples. C’est la femme infidèle qu’il refuse de condamner. C’est pour ses sœurs Marthe et Marie qu’il ressuscite Lazare. C’est à Marie de Magdala qu’il apparaît en premier le matin de sa résurrection. « Femme » dit-il à sa mère, comme si tel était son prénom. « Femme » dit-il aussi doucement à l’infidèle qu’à Marie Madeleine. Oui, les femmes ses amies.

 

Les petites mains du christianisme comme dans les ateliers de haute couture sont essentiellement féminines, vous le savez bien. Parmi les relais paroissiaux, si essentiels dans la vie ordinaire, ce sont elles qui permettent aux églises d’être ouvertes, accueillantes, fleuries  et pleines de chants. Bref, elles ont une grande part dans cette « visibilité de l’Eglise », question sur laquelle vous travaillez actuellement."

 

Par comite de la jupe - Publié dans : expériences vécues
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