Le comité vous invite à sa
"Canon 208"
Venez marcher avec nous le Dimanche 11 octobre 2009 !
"Canon 208"
Venez marcher avec nous le Dimanche 11 octobre 2009 !
Est-il encore trop tôt pour proposer des réflexions approfondies sur les questions qui viennent de secouer durement l'Église catholique ? On peut, quoi qu'il en soit, relever d'ores et déjà quelques points majeurs qui ont retenu l'attention d'un grand nombre de personnes, appartenant ou non à cette Église.
Ce qui frappe, au premier abord, c'est l'écart - ou plutôt le fossé - qui semble s'instaurer entre l'institution ecclésiale, spécialement la hiérarchie romaine, et une grande partie de la société contemporaine, du moins en Occident. On a dit qu'il s'agissait d'un problème de communication, on a parlé de « dysfonctionnement », on a accusé le déferlement médiatique. Certes, tout cela doit être pris en considération. Mais, sans doute, apparaît quelque chose de bien plus profond, qui est de l'ordre du rapport entre la communauté ecclésiale et le monde de ce temps. Un seul exemple, éloquent : il ne suffit plus que le pape parle pour qu'on l'écoute. Cette époque est révolue.
En réalité, ce qui est en question c'est ce « dialogue mutuel » dont parlait Vatican II. « Tout ce que nous avons dit, déclare le Concile, sur la dignité de la personne humaine, sur la communauté des hommes, sur le sens profond de l'activité humaine, constitue le fondement du rapport qui existe entre l'Église et le monde, et la base du dialogue mutuel » (Gaudium et spes n. 40). La nécessité de ce dialogue repose d'abord sur trois fondements d'ordre sociologique, éthique, profondément humain. Cela interroge, déplace, stimule le statut de la parole de l'Église dans le monde contemporain. Toute position d'extériorité et de surplomb est désavouée. C'est le mode de présence de l'Église à notre société qui est en jeu et interpellé.
Un autre aspect a été fréquemment relevé : l'exercice de la collégialité épiscopale. Il n'est pas rare d'entendre dire qu'elle est devenue un « mythe ». Alors que Vatican II s'était efforcé d'inscrire la collégialité épiscopale à l'intérieur et au service de la communion de l'Église et des Églises locales, ce « lien » des évêques au service de la mission universelle semble trop souvent oublié. On l'a bien perçu dernièrement dans les décisions prises par le seul Centre romain. L'idée de « collégialité » était déjà une idée-force dans les écrits de saint Cyprien (IIIe siècle). Mais par la suite, elle a quasiment disparu au profit d'une autorité centralisatrice, où des motivations subtiles de « pouvoir » au service du bien de l'Église ne sont pas absentes. Il est urgent que la collégialité épiscopale retrouve sa véritable place et toute sa place dans l'animation et la mission de l'Église, surtout lorsqu'il s'agit de décisions « importantes ».
Une troisième dimension liée à ces événements a été soulignée : les réactions d'un grand nombre de catholiques et de beaucoup d'autres, sans doute, avec des sensibilités fort différentes et pour des motivations très diverses, sinon opposées. C'est l'un des aspects les plus positifs de ce qui vient d'arriver. En réalité, Vatican II a restauré une vieille notion disparue au cours des siècles : celle du « sens de la foi » du peuple chrétien, c'est-à-dire du « sens évangélique » de l'ensemble des baptisés exercé dans la communion de l'Église. « Le sens chrétien », mis en valeur à six reprises par Vatican II, n'est pas souvent contesté dans son principe, mais son application demeure difficile et même ne parvient guère à s'imposer. On pourrait s'interroger, à ce sujet, sur la réception faite à l'encyclique Humanæ vitæ (1968), concernant la régulation des naissances. Bien évidemment, l'exercice du « sens de la foi » demande information, réflexion et débat. C'est ainsi que, récemment, la défense de Vatican II, que l'on jugeait menacé, a soulevé nombre de protestations fort légitimes. Encore faudrait-il que la communauté catholique connaisse les grands enseignements du Concile dont la réception est à peine commencée. Maints diocèses ont entrepris une formation dans ce sens.
Plusieurs des questions soulevées, ces derniers temps, touchent la morale sexuelle. On connaît la discrétion de Vatican II sur ce sujet : le pape Paul VI s'était réservé d'intervenir en ce domaine. Aujourd'hui, la notion de « loi naturelle » revient en force. Son caractère universel et sa dimension profondément humaine sont soulignés. Mais cette notion demande approfondissement, et la notion même de « nature » appelle de nouvelles recherches. Plus immédiatement, pour beaucoup de personnes, ce sont la nouveauté et la complexité des questions et des situations qui posent problème : corps médical, malades atteints du sida, vie de couple, situation de détresse... On l'a bien vu avec « l'affaire de Recife ». La morale des purs principes conduit à des décisions légalistes qui semblent incompatibles avec l'annonce d'une « Bonne Nouvelle ». Une parole « doctrinaire » a peu de chances d'être prise en compte.
Qu'il me soit permis, enfin, de dire quelques mots sur la contribution des théologiens à la réflexion d'ensemble du corps ecclésial. Des théologiens allemands se sont exprimés collectivement sur les événements en question. Cela ne s'est pas produit en France. On peut le regretter, car les théologiens ont à exercer une vocation particulière pour le peuple de Dieu, sans esprit de polémique, humblement, au service de tous. Il faudrait pour cela en prendre les moyens, mais qui en aura l'initiative, sous des modalités à définir ?
C'est le service de l'Évangile qui est d'abord en cause dans ces quelques réflexions, et non l'opinion de tel ou tel chrétien en particulier quelle que soit l'importance de ses responsabilités. Car l'Évangile n'attend pas.
Quand le site Golias parle sous la plume d'Eva Lacoste du Comité :
Les doutes exprimés par l’archevêque de Paris sur les compétences des femmes, en novembre 2008, ne sont pas restés sans écho. Né d’une dignité offensée, le Comité de la jupe entend promouvoir la
parole des laïcs et parler de l’avenir de l’Eglise. Au-delà d’un mouvement en désaccord avec le machisme en vigueur, s’affirme l’émergence d’une opinion publique dans l’Assemblée des
chrétiens.
La place des femmes aujourd’hui
Loin de tomber aux oubliettes de l’Histoire, l’intervention d’André Vingt-Trois
donne naissance deux mois plus tard au Comité de la jupe . Les deux co-fondatrices, Anne Soupa et Christine Pedotti, mobilisent parents, proches, amis et ouvrent un
blog en janvier 2009
(comitedelajupe.over-blog.com)
Après les propos consternants de l’archevêque de Paris, le Comité de la jup e portait plainte devant les tribunaux ecclésiastiques en se référant au Canon 208 qui affirme l’égalité entre tous les baptisés. Plates excuses du Monseigneur, plainte retirée... Le Comité en tout cas a fait mouche et entend rester en alerte. « Lorsqu’est survenue l’affaire de Recife, il était manifeste que les femmes devaient parler », soutient Christine. Repris dans la presse (Libération du 13 mars 2009), ses paroles sont celles d’une femme qui n’a pas peur des mots : « On dirait un cas d’école rédigé par un moraliste fou (...) La condamnation tombe sur l’enfant violée et ignore le beau-père criminel. Il paraît qu’il est contre l’avortement : bel exemple de sens moral ! (...) La petite fille risque sa vie ? Qu’importe ! Ces hommes-là sont prêts à ordonner un sacrifice humain pour soutenir leur loi. » Dans la foulée, c’est l’affaire du préservatif, où on entend Christine lancer à la radio : « Messieurs les évêques, sortez de la chambre à coucher des fidèles. » Le 6 mars, à deux jours de la fête des femmes, les Chiennes de garde décernaient le Premier Prix Macho à André Vingt-Trois. Le Comité de la jupe, pour sa part, envoyait un courrier à tous les évêques pour leur demander s’ils étaient prêts à dialoguer. Trois réponses sur quatre-vingt-dix, et encore de peu d’intérêt...
Parole plurielle, paroles de liberté
« Tous ces événements ont créé les conditions de l’émergence d’une opinion publique dans l’Église, poursuit Christine Pedotti. Nous étions prêtes, un terrain ferme sous nos pieds et un projet solide : promouvoir l’expression des laïcs et favoriser la parole plurielle. » En partant des questions concrètes, des attentes, des souffrances, et en mettant les réflexions en commun. Après deux réunions et le « miracle d’internet », pour reprendre les termes employés par Christine, le Comité de la jupe s’étoffe : deux inscriptions en moyenne par jour et près de trois cents adhérents, en France, en Belgique, au Canada, et aussi au Brésil parmi des religieuses françaises. « Lors du premier tour de table, nous avons été frappées par la qualité des participants sur le plan humain et intellectuel, presque tous responsables de mouvements, enseignants, pour certains théologiens de haut niveau. Presque tous nous ont dit que c’est la colère qui les avait fait venir, et j’ai entendu cette phrase : « On vient là avant de partir. » Un Comité qui se masculinise assez bien, des couples, des prêtres, des religieux, jésuites, dominicains, spiritains... « Nous avons une écoute très marquée chez les diacres, ainsi que leurs épouses qui sentent bien les choses et ont besoin d’une instance comme la nôtre. »
« L’Eglise est hémiplégique »
« L’Église est hémiplégique, lance Anne Soupa, la présidente du Comité. Il est vrai que de plus en plus de responsabilités sont exercées par des femmes, parfois même importantes, et on assiste en même temps à une réaction phobique liée à une entreprise de restauration, en particulier chez les jeunes prêtres et évêques. » Le mouvement qui s’affirme : « C’est en quelque sorte le lumpum prolétariat qui se réveille au sein de l’Ecclesia. On est au fond de la cale et on rame, et encore on nous fait sortir du chœur et on nous met dans la nef. » Au nom de quelle supériorité ? « On nous adresse des louanges, alors qu’on nous tient en grande défiance. » La concurrence serait-elle trop rude ? Journaliste, investie dans l’étude et la transmission des Ecritures, théologienne et bibliste, Anne Soupa a publié plusieurs ouvrages dont Pâques, art du passage (éd. du Cerf, 2009). Christine Pedotti a fait le catéchisme à Saint-Jacques-du-Haut-Pas (Paris Ve), a été responsable des aumôneries du quartier Latin et dirigé durant quinze ans les éditions religieuses du groupe Fleurus avant de s’essayer avec bonheur au roman policier (la Longue Patience du sanglier, éd. Plon 2009). Par ailleurs, toutes deux ont fait Sciences Po, et si elles restent discrètes sur leur curriculum vitae, ceux-ci méritaient d’être soulignés car partagés avec de nombreuses femmes.
Et si on parlait d’avenir ?
« De la part de l’institution, on ne parle pas d’avenir, ce n‘est pas un sujet, et les chrétiens eux-mêmes ne parlent pas de l’avenir de leur Église, or c’est ce qui nous intéresse, souligne Christine. Le monde qui vient a-t-il besoin de l’ Évangile, et s’il en a besoin , est-ce qu’on lui annonce ? » Le Comité affine sa réflexion à partir de textes de théologiens comme Joseph Moingt, Maurice Vidal, Jean Rigal qui écrit dans l’église à l’épreuve du temps : « Les laïcs sont majeurs dans la vie sociale, le sont-il aussi dans la vie de l’Eglise ? » Les laïcs ne portent pas la mission que le concile Vatican II leur a confié... « Soit on pense que l’Église va mal parce qu’elle manque de prêtres, soit parce qu’elle manque de laïcs dans leur juste prise de responsabilité. »
Un vrai renversement qui engage le Comité de la jupe à une marche pour le laïcat aux côtés d’autres mouvements et associations. « Nous voulons exercer toutes nos responsabilités, et avant d’en revendiquer d’autres commençons par user de celles qui nous sont confiées de droit, insiste Christine. Quand on voit la longue procession des cardinaux en rouge, si vieux, si hommes, si blancs, je pense que bien des catholiques ne se reconnaissent pas. »
Être d’accord ou partir. Beaucoup refusent cette alternative.
« Chacun est Église, résume Anne Soupa. Le moment est venu de se donner des espaces où vivre le débat et inventer, dans la parole échangée, l’Église de demain. »
Pour ceux et celles qui veulent d'abord préparer "dans leur tête" la marche du 11 octobre, le comité de la jupe a tracé un parcours de réflexion en 5 étapes.
Un peu long à mettre en ligne...
Mais il est à la disposition de ceux et celles qui nous le demandent à : comitedelajupe@laposte.fr.
Pour vous mettre déjà en marche, à côté des personnes, là sur ce petit chemin de campagne, lisez vite ce résumé.
PETIT RESUME DES 5 ETAPES
DU PARCOURS DU COMITE DE LA JUPE
1ère étape : Nous marchons pour témoigner du mouvement naturel qui anime un chrétien. Selon l'adage, "l'Eglise se convertit sans
cesse", le chrétien n'est jamais arrivé.
2e étape : L'Eglise ne travaille pas pour elle, mais pour "la
communion avec Dieu et l'unité du genre humain". Sa tâche constante et jamais achevée doit être d'écouter l'humanité pour connaître son désir et soulager ses souffrances. Toute sa structure
dépend de cette priorité.
Et aujourd'hui plus encore qu'hier, le chrétien doit annoncer à son
frère qu'il est aimé de Dieu. A cette fin, il ose dire sa foi.
3e étape : Mais cherchons plus au cœur : cette re formulation laisse
parfois dans l'ombre des images de Dieu surprenantes, bien éloignées de celle du Christ dépouillé, pendu par amour sur une croix. Souvent nous faisons de Dieu un juge terrible qui infantilise
l'homme au lieu de le libérer de son péché et surtout de l'aimer. Pourquoi s'intéresser à cela ici?
Parce que nous sommes convaincus qu'une bonne part de la poussée
intégriste et des raidissements moralisateurs et légalistes d'une partie de l'Eglise est due à ces images trompeuses.
4e étape : En effet, telles sont les images de Dieu, telle sera
l'Eglise ; si Dieu invite l'être humain à être libre, co-créateur, responsable, les croyants de son Eglise le seront aussi. Si au contraire, Dieu est un juge sévère qui distille la peur, son
Eglise sera autoritaire, sans liberté, dominatrice.
5e étape : Elle sera consacrée à la révolution silencieuse qui
depuis 50 ans a bouleversé le partage des tâches dans l'Eglise. Diacres et laïcs, femmes le plus souvent, ont des responsabilités importantes mais aucune reconnaissance institutionnelle n'en
prend acte. Les laïcs restent maintenus en enfance, tandis que prêtres et diacres craignent d'oser une parole libre.
« Aime et fait ce que tu veux ! » dit saint Augustin. S’il me faut dire ce que signifie être catholique, c’est de là que je partirai. L’ordre des mots d’Augustin soumet le vouloir
à l’amour. Autrement dit : « Que ton faire soit l’expression de ton vouloir commandé par l’amour ! » Jésus nous a laissé son commandement nouveau : « Aimez-vous les
uns les autres… C’est à l’amour que tous vous reconnaîtront pour mes disciples… » Mais quel est donc cet amour ?
Aimer, comme en parle saint Augustin, c’est un acte bien plus qu’un sentiment, une détermination personnelle, un vouloir, mais un vouloir qui n’enferme pas, qui consent à l’incertain et s’ouvre à l’inattendu. C’est une aventure toute d’écoute, d’humilité, dans laquelle peu à peu s’affine le vouloir, et qui, chemin faisant, mène à la liberté. La liberté est moins le début de l’amour que son aboutissement, son fruit – comme la joie.
Cet amour-là, naturellement, n’est pas enfermé dans les frontières du catholicisme. Cependant, c’est là que je l’ai reçu. Et pour moi, être catholique, c’est avant tout se mettre à l’école de cet amour auquel Jésus a donné chair. Au point que nous comprenons, en Jésus, que cet amour est Dieu.
Parce que l’Église se veut communion, elle est ce lieu où nous pouvons nous soutenir les uns les autres dans l’amour, nous encourager et nous corriger. Parce qu’elle est humaine, l’Église, est un lieu où l’amour est à la fois servi et blessé, mais, en la personne du Fils de l’homme, la blessure appelle à la remise en question, pour aimer davantage. En la personne du Fils de l’homme, nous apprenons que l’amour est fort comme la mort, qu’il traverse la nuit…
Être catholique, c’est croire que dans la communion de ceux qui ont, sont et seront appelés par le Fils vers le Père, cet amour peut être découvert, reçu, vécu, donné, pour tous les hommes sans exception aucune, parce que tous naissent de cet amour. Être catholique, c’est croire que cet amour est le nom d’un salut – d’une vie en plénitude – qui ne connaît aucune frontière, pas même celle de l’Église. Être catholique, c’est vouloir servir cet amour, s’en savoir incapable par soi-même, et s’en découvrir pourtant la force et la joie, par la grâce de cet amour lui-même. Être catholique, c’est cet appel, ce très puissant désir…
Jean-François Bouthors
Nota du comité : bien sûr, on pourrait dire "chrétien" au lieu de "catholique".

Si cette photo est bien le reflet d'une certaine réalité,
alors oui elle résonne pour nous, non comme un rêve mais bien comme un cauchemar...
C’est parfois ce qu’on a sous le nez qu’on voit le moins !
Le dimanche de la Pentecôte, au cours de la messe à laquelle j’assiste, ont lieu trois baptêmes de petits enfants ; deux petites
filles et un petit garçon.
À la fin, le célébrant invite les parents et les jeunes baptisés dans le chœur, et toute la communauté les applaudit.
Jolie image que ces trois bébés, dans les bras de leurs parents émus, et nous faisant face pour que nous les accueillions et les « adoptions ». Les voilà, joyeux bambins, devenus nos jeunes frères et sœurs dans le Christ.
Jusque-là, rien que de très normal, joli et émouvant. Et tout à coup, je me rends compte qu’on vient de faire les mêmes gestes, de dire les mêmes paroles, en un mot, de célébrer le même baptême pour les filles et pour les garçons. Et ce n’est pas une nouveauté ; il en fut toujours ainsi !
Et alors, me direz-vous, en quoi est-ce remarquable ?
Tout simplement parce que nous sommes les seuls, nous chrétiens à ne faire aucune différence entre les fils et les filles de Dieu, sans doute parce que Dieu lui-même n’en fait pas.
Oui, réfléchissez, nous sommes les seuls. Les petits enfants juifs ou musulmans n’ont pas les mêmes rites d’accueil suivant qu’ils sont filles ou garçons. Dans l’Hindouisme, la différence
commence dès la grossesse, où l’on prie pour que l’enfant soit mâle, et les rites de naissance concernent seulement les garçons. Et dans le Bouddhisme, il n’y a pas de rite autour de la
naissance, mais l’une des traditions les plus assurées est de dire qu’il faut à une femme se réincarner en homme avant d’atteindre le nirvana.
Mais chez les chrétiens, rien de tout ça. Un seul baptême !
Cette chose qui nous semble évidente est une vraie nouveauté. Un vrai signe de la Bonne Nouvelle qui s’adresse identiquement aux hommes et aux femmes. Par le baptême, nous sommes hommes et
femmes, identiquement, équivalemment, prêtre prophète et roi.
N’en déplaise aux pourfendeurs des « gender studies », il semblerait bien que le genre ne soit pas une différence si essentielle. Sous le regard Dieu, nous sommes, hommes ou femmes, enfants bien-aimés.
De cette « révélation » de Pentecôte, il me vient l’idée que ce n’est pas un hasard si l’émancipation des femmes naît dans
des sociétés profondément labourées par la culture chrétienne.
L’égalité homme/femme n’est pas un gadget, ni une mode. C’est un fruit de l’Évangile, qui fut certes, long à mûrir, tant la misogynie est la norme ordinaire des sociétés humaines, mais c’est un
fruit direct de l’Évangile, une « appellation d’origine contrôlée » du terroir chrétien.
« Vous
tous en effet, baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ : il n’y a ni Juif ni Grec, il n’y a ni esclave ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme ; car tous vous ne faites
qu’un dans le Christ Jésus. »
Galates 3, 27-28. C.Q.F.D., Merci Paul !
Christine Pedotti
LE COMITE DE LA JUPE
Vous invite à
La première MARCHE
des cathos citoyens / nes dans l'Église
"Canon 208"
— Vous croyez que l’Évangile est une nouvelle vraiment bonne
— Vous croyez que cette bonne nouvelle change la vie, le monde,
et qu’elle l’a déjà fait.
— Vous croyez que l’Église a la mission d’annoncer cette bonne nouvelle.
— Vous croyez que l’Église ne se donne pas tous les moyens de le faire.
Venez marcher avec nous :
A Paris et dans les grandes villes
— Nous aimons l’Église
— Nous en sommes les membres, les pieds, les mains,
mais aussi le coeur et l’imagination.
— Nous avons de grandes richesses et de grandes énergies à offrir au monde.
— Hommes, femmes, laïcs ou clercs, mettons-nous en marche.
— Parlons-nous, écoutons-nous, partageons notre espérance,
rêvons l’avenir ensemble.
Et faisons-le advenir!
réservez la date,
alertez vos amis et participez !
Le comité de la jupe a été fondé par Anne Soupa et Christine Pedotti, fin 2008, à la
suite des propos de Mgr Vingt-Trois, cardinal-archevêque de Paris et président de la
conférence des évêques de France : « le tout, ce n’est pas d’avoir une jupe, c’est d’avoir
quelque chose dans la tête ! ». Le comité s’engage pour une Église prophétique ouverte
à tous sans discrimination de sexe ou d'état de vie.
Le canon 208
extrait du Code de droit canonique, le droit de l'Eglise
"Entre tous les fidèles, du fait de leur régénération dans le Christ, Ilexiste quant à la dignité et à l’activité, une véritable égalité en vertu de laquelle tous
coopèrent à l’édification du Corps du Christ, selon la condition et la fonction propres de
chacun."
Les femmes ont-elles un rôle spécifique à jouer ?
Elles sont déjà là, très présentes, dans la catéchèse, les
activités en paroisse, toutes ces tâches réservées par l’Église aux « non-PDG »…
Durant mon séminaire, j’avais une étudiante merveilleuse : physique éblouissant, grande intelligence. Seulement, elle ne venait en cours qu’une semaine sur deux, ce qui m’étonnait. Jusqu’à ce que
j’apprenne qu’elle suivait une formation pour devenir pasteure. Elle allait, en outre, se marier deux mois plus tard. J’y ai vu une superbe réussite, une image de plénitude que je déplore de
savoir – pour le moment – impossible dans l’Église catholique.
Propos recueillis par Emmanuelle Giuliani, 27 mai 09
Intégralité sur :
http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2323357&rubId=4078
xavier
L’homélie de Benoît XVI au stade international d’Amman, en Jordanie, le
10 mai 2009, est un petit bijou de condensé de cette idéalisation des femmes qui permet de passer à
côté de la femme réelle dans l’Eglise. Evoquant « la dignité particulière », « la
vocation » et « la mission des femmes », il s’empresse de la repérer chez les « mères » ou
« religieuses ». La dignité de toutes les autres- un bon nombre tout de même- passerait-elle aux oubliettes ?
Et
il poursuit « Qui peut dire ce que l’Église ici présente doit au patient, aimant et fidèle témoignage d’innombrables mères chrétiennes, religieuses, enseignantes, médecins ou
infirmières ? ». Educatrices ou soignantes sans doute mais pourquoi pas ingénieurs, chercheuses, chefs d’entreprise …?
Comme par hasard, et non sans contradiction,
après le rappel de ces professions estampillées « bien féminines », vient en point d’orgue, un éloge de l’heureuse complémentarité
homme-femme : « Dès les premières pages de la Bible, nous voyons comment l’homme et la femme, crées à l’image de Dieu, sont destinés à se compléter l’un l’autre en tant qu’intendants
des dons de Dieu et partenaires dans la communication du don qu’il fait de sa vie au monde, à la fois sur le plan biologique et spirituel. »
On se mettrait presque à craindre que les célibataires non consacrées, déjà dispensées de dignité le soit aussi de ce destin de complémentarité, si
l’on n’avait soi-même cessé de croire à cette fameuse complémentarité homme-femme. Elle fait trop songer à ce mot d’humour : « Ne faire
qu’un ? oui, mais lequel ? ».
Qui plus est, complémentarité à géographie variable : puisque force est de constater que les femmes sont un peu plus complémentaires que bien des hommes pour tout ce qui touche, par exemple,
aux travaux domestiques… et que, dans l’Eglise, les hommes se passent, par exemple, de la complémentarité des femmes dans certains ministères, ou tout simplement de leur parole chaque
dimanche.
Mystère théologique des ratés de cette complémentarité « biologique »… de cette égalité affirmée entre les sexes qui n’entraîne pas, de fait, une égalité de traitement. Comme le dit
malicieusement Sacha Guitry « Je reconnaîtrais volontiers que les femmes nous sont supérieures si cela pouvait les dissuader de se prétendre nos égales. »
Complémentarité illusoire, enfin, que
cette volonté d’être ensemble le tout, cette nostalgie de l’un, dans la fusion de nos différences. On
dira qu’elles sont maintenues bien sûr mais la pratique montre trop souvent que ce n’est pas si simple. Au nom de la complémentarité, et de la
différence maintenue, que d’enjeux de pouvoir dans le couple ou dans les institutions !
Impossible d’oublier qu’être homme et femme, être sexué, c’est être « secare » , coupé, séparé. C’est être, justement, du côté du « pas-tout ». Incomplets. Pas de moitié d’orange comblante à
attendre.. L’un n’a pas à espérer de l’autre qu’il lui donne enfin ce qu’il n’a pas.
Il y a là un écart qui ne se surmonte pas. Quelque chose en l’autre d’inaccessible . Rude mais heureuse épreuve qui nous fait d’autant plus rêver qu’hommes et femmes soient associés dans l’Eglise.
Réellement. Pas l’un sans l’autre. Pour de bon.
Les lignes qui suivent sont extraites du discours que Florence Delay a
prononcé jeudi 14 Mai, jour de la réception de Monseigneur Claude Dagens à l'Académie française, au fauteuil de René Rémond.
"Mais comme je pourrais m’assombrir en songeant aux horreurs qu’ils (les Pères
de
l'Eglise)ont répandues sur les femmes. Je les cite avec peine n’ayant jamais imaginé que le sort de
mon sexe dit beau, second et faible, était un destin. Pour Thomas d’Aquin, je corresponds « au second dessein de la nature, de même que la putréfaction, la difformité et la décrépitude.»
Pour Albert le Grand je suis moins qualifiée que l’homme pour la morale, car je contiens plus de liquide. Je suis « un homme raté » dont on se doit garder « comme d’un serpent
venimeux». Pour Clément d’Alexandrie, la conscience même de ma nature ne devrait évoquer en moi qu’un sentiment de honte. Brisons-là.
Rien dans les Évangiles n’annonce semblable opprobre. Nous sommes, avec les apôtres, les premières amies du Christ. « Les femmes, ses amies », répétait l’ancien évêque auxiliaire de Paris, Daniel Pezeril. Dans l’Évangile du disciple préféré, Jean, c’est à la femme aux cinq maris, une étrangère de Samarie, que Jésus confie pour la première fois qui il est. C’est la femme aux parfums qu’il défend contre ses disciples. C’est la femme infidèle qu’il refuse de condamner. C’est pour ses sœurs Marthe et Marie qu’il ressuscite Lazare. C’est à Marie de Magdala qu’il apparaît en premier le matin de sa résurrection. « Femme » dit-il à sa mère, comme si tel était son prénom. « Femme » dit-il aussi doucement à l’infidèle qu’à Marie Madeleine. Oui, les femmes ses amies.
Les petites mains du christianisme comme dans les ateliers de haute couture sont essentiellement féminines, vous le savez bien. Parmi les relais paroissiaux, si essentiels dans la vie ordinaire, ce sont elles qui permettent aux églises d’être ouvertes, accueillantes, fleuries et pleines de chants. Bref, elles ont une grande part dans cette « visibilité de l’Eglise », question sur laquelle vous travaillez actuellement."
Catholiques et femmes,
pour une Église prophétique
Hommes et femmes,
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