Un seul baptême.

Publié le par comite de la jupe

C’est parfois ce qu’on a sous le nez qu’on voit le moins !


Le dimanche de la Pentecôte, au cours de la messe à laquelle j’assiste, ont lieu trois baptêmes de petits enfants ; deux petites filles et un petit garçon.

À la fin, le célébrant invite les parents et les jeunes baptisés dans le chœur, et toute la communauté les applaudit.

Jolie image que ces trois bébés, dans les bras de leurs parents émus, et nous faisant face pour que nous les accueillions et les « adoptions ». Les voilà, joyeux bambins, devenus nos jeunes frères et sœurs dans le Christ.

Jusque-là, rien que de très normal, joli et émouvant. Et tout à coup, je me rends compte qu’on vient de faire les mêmes gestes, de dire les mêmes paroles, en un mot, de célébrer le même baptême pour les filles et pour les garçons. Et ce n’est pas une nouveauté ; il en fut toujours ainsi !

Et alors, me direz-vous, en quoi est-ce remarquable ?
Tout simplement parce que nous sommes les seuls, nous chrétiens à ne faire aucune différence entre les fils et les filles de Dieu, sans doute parce que Dieu lui-même n’en fait pas.
Oui, réfléchissez, nous sommes les seuls. Les petits enfants juifs ou musulmans n’ont pas les mêmes rites d’accueil suivant qu’ils sont filles ou garçons. Dans l’Hindouisme, la différence commence dès la grossesse, où l’on prie pour que l’enfant soit mâle, et les rites de naissance concernent seulement les garçons. Et dans le Bouddhisme, il n’y a pas de rite autour de la naissance, mais l’une des traditions les plus assurées est de dire qu’il faut à une femme se réincarner en homme avant d’atteindre le nirvana.

Mais chez les chrétiens, rien de tout ça. Un seul baptême !
Cette chose qui nous semble évidente est une vraie nouveauté. Un vrai signe de la Bonne Nouvelle qui s’adresse identiquement aux hommes et aux femmes. Par le baptême, nous sommes hommes et femmes, identiquement, équivalemment, prêtre prophète et roi.

N’en déplaise aux pourfendeurs des « gender studies », il semblerait bien que le genre ne soit pas une différence si essentielle. Sous le regard Dieu, nous sommes, hommes ou femmes, enfants bien-aimés.

De cette « révélation » de Pentecôte, il me vient l’idée que ce n’est pas un hasard si l’émancipation des femmes naît dans des sociétés profondément labourées par la culture chrétienne.
L’égalité homme/femme n’est pas un gadget, ni une mode. C’est un fruit de l’Évangile, qui fut certes, long à mûrir, tant la misogynie est la norme ordinaire des sociétés humaines, mais c’est un fruit direct de l’Évangile, une « appellation d’origine contrôlée » du terroir chrétien.

« Vous tous en effet, baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ : il n’y a ni Juif ni Grec, il n’y a ni esclave ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme ; car tous vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus. » Galates 3, 27-28. C.Q.F.D., Merci Paul !

Christine Pedotti  

 

 

Publié dans expériences vécues

Commenter cet article

P.Jean Eudes 05/07/2009 19:07

Bonjour, belle image et belle réalité que celle du baptême chrétien qui met sur un même pied d'égalité, dans la plus haute dignité qui soit pour un être humain, femme et homme. Il me semble néanmoins que faire du baptême un argument pour la philosophie du "gender" est déplacé ici. La théorie du "gender", à mon avis, c'est non pas tellement l'égalité des sexes que leur confusion.

Christine P. 05/07/2009 20:58



@Jean-Eudes


Appelons les choses par leur vrai nom, gender studies, ce n'est ni une théorie ni un philosophie mais un travail de recherche. De recherche sur quoi? Sur ce qui constitue d'identité
sexuelle. Et en gros, les gender studies constatent que l'identité sexuelle d'une personne est constituée de trois "sexes". Un sexe biologique (en général, assez facile à
déterminer par simple observation). Un sexe culturel, (Les parents, le milieu, font une petite fille hyper féminine ou un "garçon manqué". Dans la culture d'une société, les femmes ont des droits
équivalents à eux des hommes ou elles sont séparées des garçons, préparées à un rôle social d'épouse et de mère). Un sexe relationnel (je suis femme parce que je me laisse désirer par un homme en
temps que je suis une femme ou au contraire, je ne suis pas sensible au désir des hommes mais attirée par les femmes, etc…). Ce que je suis est ce "millefeuille", cette complexité. Les gender
studies disent que je ne suis pas assignée à un rôle par mon sexe biologique, mais au cours de ma vie, de mes relations avec les autres, les femmes, les hommes, mes parents, mes
fils et mes filles, je vais devenir une personne particulière.


Les gender studies n’ont pas comme objectif la confusion, mais enregistrent et essaient de comprendre la complexité des choses.
En cela, je suis d’accord avec les gender studies. Il y a en l’humain plus de complexité que de simplicité. Nous sommes un corps physique, mais nous sommes aussi un
corps social et un corps relationnel. En revanche,je ne suis pas d’accord quand certains, au nom des recherches sur le genre prétendent que nous serions libres de « choisir » notre sexe.
C’est une illusion. L’étude des genres peut nous aider à comprendre ce que nous sommes, pas à le choisir.


Tellou 15/06/2009 17:22

Excellent article! Merci Christine! On peut cependant se demander: puisque nous partons tous sur un pied d'égalité lors de notre baptême, quand est-ce que l'inégalité s'installe? Au catéchisme? A la maison?

boutin 15/06/2009 01:24

Dieu créa l'homme et la femme à son image (genèse),lebaptème confirme notre égalité. Mais les hommes ont imposées des rôles car depuis des millénaires ils faisaient la loi.

meyniel anne 13/06/2009 10:35

Ce texte de st Paul aux Galates est largement utilisé par l'Eglise d'Angleterre. Celle-ci ordonne des diacres depuis 1987 et des prêtres depuis 1992.Pas encore d'évêque, il faut dire que cela coince au niveau des fidèles...

Hermione 10/06/2009 07:31

Il est à cet égard remarquable que c'est dans une société essentiellement modelée par le message chrétien que s'est tout d'abord développée l'égalité des sexes, de même qu'un peu avant, l'abolition de l'esclavage. Aujourd'hui il est possible pour l'Eglise de proclamer à la face du monde, par des actes et pas seulement par des paroles, qu'à la suite du Christ l'antagonisme douloureux entre les deux sexes est enfin apaisé. Un baptème identique est un de ses actes, mais il reste tellement à faire! C'est pour cela que je crois que c'est là que doit être le combat du comité de la jupe. Ce n'est qu'à condition d'ouvrir aux femmes, en son sein, tout le champ des possibles que le christianisme peut, en vérité, annoncer la bonne nouvelle dans le monde d'aujourd'hui.