réflexions diverses

Samedi 1 août 2009 6 01 /08 /Août /2009 10:32

L'actualité de Vatican II

par Jean Rigal, publié dans le forum de La Croix le 25 juillet  2009
prêtre du diocèse de Rodez, Jean Rigal est un théologien spécialiste des questions relatives à l'Église. Professeur d'ecclésiologie pendant vingt-cinq ans à la faculté de théologie de Toulouse, il a animé de multiples sessions en France et en différents pays. Il est l'auteur de nombreux articles et d'une quinzaine d'ouvrages.

 

Est-il encore trop tôt pour proposer des réflexions approfondies sur les questions qui viennent de secouer durement l'Église catholique ? On peut, quoi qu'il en soit, relever d'ores et déjà quelques points majeurs qui ont retenu l'attention d'un grand nombre de personnes, appartenant ou non à cette Église.

 

Ce qui frappe, au premier abord, c'est l'écart - ou plutôt le fossé - qui semble s'instaurer entre l'institution ecclésiale, spécialement la hiérarchie romaine, et une grande partie de la société contemporaine, du moins en Occident. On a dit qu'il s'agissait d'un problème de communication, on a parlé de « dysfonctionnement », on a accusé le déferlement médiatique. Certes, tout cela doit être pris en considération. Mais, sans doute, apparaît quelque chose de bien plus profond, qui est de l'ordre du rapport entre la communauté ecclésiale et le monde de ce temps. Un seul exemple, éloquent : il ne suffit plus que le pape parle pour qu'on l'écoute. Cette époque est révolue.

 

En réalité, ce qui est en question c'est ce « dialogue mutuel » dont parlait Vatican II. « Tout ce que nous avons dit, déclare le Concile, sur la dignité de la personne humaine, sur la communauté des hommes, sur le sens profond de l'activité humaine, constitue le fondement du rapport qui existe entre l'Église et le monde, et la base du dialogue mutuel » (Gaudium et spes n. 40). La nécessité de ce dialogue repose d'abord sur trois fondements d'ordre sociologique, éthique, profondément humain. Cela interroge, déplace, stimule le statut de la parole de l'Église dans le monde contemporain. Toute position d'extériorité et de surplomb est désavouée. C'est le mode de présence de l'Église à notre société qui est en jeu et interpellé.

 

Un autre aspect a été fréquemment relevé : l'exercice de la collégialité épiscopale. Il n'est pas rare d'entendre dire qu'elle est devenue un « mythe ». Alors que Vatican II s'était efforcé d'inscrire la collégialité épiscopale à l'intérieur et au service de la communion de l'Église et des Églises locales, ce « lien » des évêques au service de la mission universelle semble trop souvent oublié. On l'a bien perçu dernièrement dans les décisions prises par le seul Centre romain. L'idée de « collégialité » était déjà une idée-force dans les écrits de saint Cyprien (IIIe siècle). Mais par la suite, elle a quasiment disparu au profit d'une autorité centralisatrice, où des motivations subtiles de « pouvoir » au service du bien de l'Église ne sont pas absentes. Il est urgent que la collégialité épiscopale retrouve sa véritable place et toute sa place dans l'animation et la mission de l'Église, surtout lorsqu'il s'agit de décisions « importantes ».

 

Une troisième dimension liée à ces événements a été soulignée : les réactions d'un grand nombre de catholiques et de beaucoup d'autres, sans doute, avec des sensibilités fort différentes et pour des motivations très diverses, sinon opposées. C'est l'un des aspects les plus positifs de ce qui vient d'arriver. En réalité, Vatican II a restauré une vieille notion disparue au cours des siècles : celle du « sens de la foi » du peuple chrétien, c'est-à-dire du « sens évangélique » de l'ensemble des baptisés exercé dans la communion de l'Église. « Le sens chrétien », mis en valeur à six reprises par Vatican II, n'est pas souvent contesté dans son principe, mais son application demeure difficile et même ne parvient guère à s'imposer. On pourrait s'interroger, à ce sujet, sur la réception faite à l'encyclique Humanæ vitæ (1968), concernant la régulation des naissances. Bien évidemment, l'exercice du « sens de la foi » demande information, réflexion et débat. C'est ainsi que, récemment, la défense de Vatican II, que l'on jugeait menacé, a soulevé nombre de protestations fort légitimes. Encore faudrait-il que la communauté catholique connaisse les grands enseignements du Concile dont la réception est à peine commencée. Maints diocèses ont entrepris une formation dans ce sens.

 

Plusieurs des questions soulevées, ces derniers temps, touchent la morale sexuelle. On connaît la discrétion de Vatican II sur ce sujet : le pape Paul VI s'était réservé d'intervenir en ce domaine. Aujourd'hui, la notion de « loi naturelle » revient en force. Son caractère universel et sa dimension profondément humaine sont soulignés. Mais cette notion demande approfondissement, et la notion même de « nature » appelle de nouvelles recherches. Plus immédiatement, pour beaucoup de personnes, ce sont la nouveauté et la complexité des questions et des situations qui posent problème : corps médical, malades atteints du sida, vie de couple, situation de détresse... On l'a bien vu avec « l'affaire de Recife ». La morale des purs principes conduit à des décisions légalistes qui semblent incompatibles avec l'annonce d'une « Bonne Nouvelle ». Une parole « doctrinaire » a peu de chances d'être prise en compte.

Qu'il me soit permis, enfin, de dire quelques mots sur la contribution des théologiens à la réflexion d'ensemble du corps ecclésial. Des théologiens allemands se sont exprimés collectivement sur les événements en question. Cela ne s'est pas produit en France. On peut le regretter, car les théologiens ont à exercer une vocation particulière pour le peuple de Dieu, sans esprit de polémique, humblement, au service de tous. Il faudrait pour cela en prendre les moyens, mais qui en aura l'initiative, sous des modalités à définir ?

 

C'est le service de l'Évangile qui est d'abord en cause dans ces quelques réflexions, et non l'opinion de tel ou tel chrétien en particulier quelle que soit l'importance de ses responsabilités. Car l'Évangile n'attend pas.

Par comite de la jupe - Publié dans : réflexions diverses
Voir les 0 commentaires
Samedi 1 août 2009 6 01 /08 /Août /2009 00:00

Quand le site Golias  parle sous la plume d'Eva Lacoste du Comité :

 
Les doutes exprimés par l’archevêque de Paris sur les compétences des femmes, en novembre 2008, ne sont pas restés sans écho. Né d’une dignité offensée, le Comité de la jupe entend promouvoir la parole des laïcs et parler de l’avenir de l’Eglise. Au-delà d’un mouvement en désaccord avec le machisme en vigueur, s’affirme l’émergence d’une opinion publique dans l’Assemblée des chrétiens.



« Les femmes lisent l’Écriture tant qu’elles le veulent, je ne pense pas que ce soit une question très difficile (...) Ce qui est plus difficile, c’est d’avoir des femmes qui soient formées. Le tout ce n’est pas d’avoir une jupe, c’est d’avoir quelque chose dans la tête. » Ces fortes paroles, suivies d’un rire qu’on peut aisément qualifier de vulgaire, étaient prononcées lors de l’émission «  Face aux chrétiens  » du 6 novembre 2008. Son auteur : André Vingt-Trois, cardinal-archevêque de Paris et président de la Conférence épiscopale. Un dérapage qui exprime un machisme sérieusement ancré, en particulier dans la hiérarchie.

 

La place des femmes aujourd’hui

 

Loin de tomber aux oubliettes de l’Histoire, l’intervention d’André Vingt-Trois donne naissance deux mois plus tard au Comité de la jupe . Les deux co-fondatrices, Anne Soupa et Christine Pedotti, mobilisent parents, proches, amis et ouvrent un blog en janvier 2009

(comitedelajupe.over-blog.com)


Rédactrice en chef du mensuel Biblia édité par les éditions du Cerf, Anne Soupa avait contacté Christine Pedotti durant l’été 2007 pour écrire un texte sur saint Paul. « On m’avait recommandé le choix de Christine, qui aurait la plume et la niac, et on est restées en contact. » Intitulé « Après Paul, quelle place pour les femmes dans l’Église ? », le texte augure bien de la suite des événements. L’auteure cite la fameuse phrase de Paul de Tarse, « Qu’elle reste à sa place », et poursuit finement l’analyse : « Mais cela vaut-il pour celles qui sont nées avec Vatican II (et après), qui ont le droit de vote, l’accès à la même culture, aux mêmes droits, devoirs et responsabilités que les hommes ? Les propos de Paul sont-ils fondés théologiquement ou sont-ils des propos de circonstance liés à une situation culturelle ? » Se réfère-t-on à Paul pour justifier l’esclavage, alors qu’il a déclaré sans équivoque : « Que les esclaves soient soumis en tout à leurs maîtres. » (Tt 2,9). « Pourquoi en serait-il différemment de la place des femmes dans l’Église ? », pose Christine Pedotti.

 

Après les propos consternants de l’archevêque de Paris, le Comité de la jup e portait plainte devant les tribunaux ecclésiastiques en se référant au Canon 208 qui affirme l’égalité entre tous les baptisés. Plates excuses du Monseigneur, plainte retirée... Le Comité en tout cas a fait mouche et entend rester en alerte. « Lorsqu’est survenue l’affaire de Recife, il était manifeste que les femmes devaient parler », soutient Christine. Repris dans la presse (Libération du 13 mars 2009), ses paroles sont celles d’une femme qui n’a pas peur des mots : « On dirait un cas d’école rédigé par un moraliste fou (...) La condamnation tombe sur l’enfant violée et ignore le beau-père criminel. Il paraît qu’il est contre l’avortement : bel exemple de sens moral ! (...) La petite fille risque sa vie ? Qu’importe ! Ces hommes-là sont prêts à ordonner un sacrifice humain pour soutenir leur loi. » Dans la foulée, c’est l’affaire du préservatif, où on entend Christine lancer à la radio : « Messieurs les évêques, sortez de la chambre à coucher des fidèles. » Le 6 mars, à deux jours de la fête des femmes, les Chiennes de garde décernaient le Premier Prix Macho à André Vingt-Trois. Le Comité de la jupe, pour sa part, envoyait un courrier à tous les évêques pour leur demander s’ils étaient prêts à dialoguer. Trois réponses sur quatre-vingt-dix, et encore de peu d’intérêt...

 

Parole plurielle, paroles de liberté

 

« Tous ces événements ont créé les conditions de l’émergence d’une opinion publique dans l’Église, poursuit Christine Pedotti. Nous étions prêtes, un terrain ferme sous nos pieds et un projet solide : promouvoir l’expression des laïcs et favoriser la parole plurielle. » En partant des questions concrètes, des attentes, des souffrances, et en mettant les réflexions en commun. Après deux réunions et le « miracle d’internet », pour reprendre les termes employés par Christine, le Comité de la jupe s’étoffe : deux inscriptions en moyenne par jour et près de trois cents adhérents, en France, en Belgique, au Canada, et aussi au Brésil parmi des religieuses françaises. « Lors du premier tour de table, nous avons été frappées par la qualité des participants sur le plan humain et intellectuel, presque tous responsables de mouvements, enseignants, pour certains théologiens de haut niveau. Presque tous nous ont dit que c’est la colère qui les avait fait venir, et j’ai entendu cette phrase : « On vient là avant de partir. » Un Comité qui se masculinise assez bien, des couples, des prêtres, des religieux, jésuites, dominicains, spiritains... « Nous avons une écoute très marquée chez les diacres, ainsi que leurs épouses qui sentent bien les choses et ont besoin d’une instance comme la nôtre. »

 

« L’Eglise est hémiplégique »

 

« L’Église est hémiplégique, lance Anne Soupa, la présidente du Comité. Il est vrai que de plus en plus de responsabilités sont exercées par des femmes, parfois même importantes, et on assiste en même temps à une réaction phobique liée à une entreprise de restauration, en particulier chez les jeunes prêtres et évêques. » Le mouvement qui s’affirme : « C’est en quelque sorte le lumpum prolétariat qui se réveille au sein de l’Ecclesia. On est au fond de la cale et on rame, et encore on nous fait sortir du chœur et on nous met dans la nef. » Au nom de quelle supériorité ? «  On nous adresse des louanges, alors qu’on nous tient en grande défiance. » La concurrence serait-elle trop rude ? Journaliste, investie dans l’étude et la transmission des Ecritures, théologienne et bibliste, Anne Soupa a publié plusieurs ouvrages dont Pâques, art du passage (éd. du Cerf, 2009). Christine Pedotti a fait le catéchisme à Saint-Jacques-du-Haut-Pas (Paris Ve), a été responsable des aumôneries du quartier Latin et dirigé durant quinze ans les éditions religieuses du groupe Fleurus avant de s’essayer avec bonheur au roman policier (la Longue Patience du sanglier, éd. Plon 2009). Par ailleurs, toutes deux ont fait Sciences Po, et si elles restent discrètes sur leur curriculum vitae, ceux-ci méritaient d’être soulignés car partagés avec de nombreuses femmes.

 

 

Et si on parlait d’avenir ?

 

 

« De la part de l’institution, on ne parle pas d’avenir, ce n‘est pas un sujet, et les chrétiens eux-mêmes ne parlent pas de l’avenir de leur Église, or c’est ce qui nous intéresse, souligne Christine. Le monde qui vient a-t-il besoin de l’ Évangile, et s’il en a besoin , est-ce qu’on lui annonce ? » Le Comité affine sa réflexion à partir de textes de théologiens comme Joseph Moingt, Maurice Vidal, Jean Rigal qui écrit dans l’église à l’épreuve du temps : « Les laïcs sont majeurs dans la vie sociale, le sont-il aussi dans la vie de l’Eglise ? » Les laïcs ne portent pas la mission que le concile Vatican II leur a confié... «  Soit on pense que l’Église va mal parce qu’elle manque de prêtres, soit parce qu’elle manque de laïcs dans leur juste prise de responsabilité. »

 

 

Un vrai renversement qui engage le Comité de la jupe à une marche pour le laïcat aux côtés d’autres mouvements et associations. « Nous voulons exercer toutes nos responsabilités, et avant d’en revendiquer d’autres commençons par user de celles qui nous sont confiées de droit, insiste Christine. Quand on voit la longue procession des cardinaux en rouge, si vieux, si hommes, si blancs, je pense que bien des catholiques ne se reconnaissent pas. »

 

Être d’accord ou partir. Beaucoup refusent cette alternative.

 

« Chacun est Église, résume Anne Soupa. Le moment est venu de se donner des espaces où vivre le débat et inventer, dans la parole échangée, l’Église de demain. »

Par comite de la jupe - Publié dans : réflexions diverses
Voir les 0 commentaires
Samedi 27 juin 2009 6 27 /06 /Juin /2009 10:36

Benoît XVI lui même nous écrit en commençant par nous parler de l'expérience du Feu de Dieu...:




"En parlant de feu, Jésus fait d'abord allusion à sa passion de l'amour et donc à un feu ; elle est le nouveau buisson ardent qui brûle sans se consumer, un feu qui doit se répandre.

Jésus ne vient pas pour rendre la vie facile, mais il apporte le feu sur la terre, le grand feu vivant de l'amour de Dieu, qu'est le Saint Esprit, un feu qui brûle. Origène rapporte une parole apocryphe de Jésus : "Qui m'approche approche du feu." Celui-là donc qui l'approche doit être prêt à se laisser enflammer.

Le feu qui brûle n'est pas un feu qui détruit, mais un feu qui éclaire, qui purifie, qui libère, qui fait grandir.

Etre chrétien, c'est risquer de s'exposer à ce feu-là avec confiance.

Le Christ est celui qui nous apporte la paix. Je dirais que c'est là le sens premier. Mais nous ne pouvons vraiment comprendre cette paix qu'apporte le Christ que si nous ne la concevons pas comme un échappatoire aux souffrances, ou à la vérité et aux débats qu'elle entraîne.

Si la seule préoccupation de l'Église était d'éviter les conflits, pour qu'il n'y ait pas de remous, son message spécifique ne passerait plus. Car le but de ce message est aussi de débattre avec nous, d'arracher les hommes au mensonge et de faire la lumière et la vérité. Il n'y a pas de vérité au rabais. Elle est exigeante et même brûlante
."


Benoît XVI, Voici quel est notre Dieu, Plon, 2005, p 157-158.

Alors aurons-nous la surprise et la joie d'avoir comme premier marcheur d'honneur
le 11 octobre prochain, un soutien de si grande qualité ?

Déjà c
ette marche n'est plus, dès lors, la marche des seuls "laïcs citoyens" mais bel et bien celle des "cathos citoyens".

La Parole nous habite tous, de notre vénérable Benoît XVI au catho le plus anonyme...
Laissons-nous nous exposer au Feu qu'elle révèle en nous !

Alors encouragé par un tel frère,
ne résistons pas à la joie de faire circuler cette parole entre nous.
Apprenons à la débattre ensemble, sans crainte, sans voile et sur la place publique !


 .....................


Mais déjà sans attendre le 11, faisons un pas de plus dans le débat ainsi engagé :

- Pourquoi cette interrogation demeure en nous lorsque nous entendons ces propos :
vont-ils au terme de ce qu'ils disent ?
- Tirent-ils les conséquences qui s'imposent ?

Car bien souvent l'expérience nous donne de percevoir comme deux types de discours dans le Magistère : un "très feu" lorsqu'il parle ad extra, et un "plus tiède" ad intra...

Or n'est-ce pas au même Feu que, tous, nous sommes appelés à nous laisser brûler ?

Cela ne signe-t-il pas dès lors un problème de confiance entre nous ?
Non pas qu'il faile avoir une confiance naïve, fleur-bleue, mais celle qui traverse les désillusions et qui s'enracine dans la bienveillance du Père unique.

Or si nous nous faisons vraiment confiance mutuellement, alors nous pouvons nous parler en partenaires à égalité, non dans une relation disymétrique Majeur-mineur, Supérieur-inférieur, Adulte-enfant, Maitre-serviteur.
Suivant en cela Jésus lui-même :
"Je ne vous appelle plus serviteurs, mais amis" (Jean 15, 14-15).



Par comite de la jupe - Publié dans : réflexions diverses
Voir les 5 commentaires
Jeudi 23 avril 2009 4 23 /04 /Avr /2009 01:16

Depuis qu’il nous arrive de répondre à des journalistes, Anne et moi sommes souvent sollicitées sur la question des prêtres qui pourraient être des femmes.

Il est vrai que l’action de la Jupe ne vise pas directement cet objectif, cependant, il est bon de répondre, au moins un peu.

D’abord, une réponse rapide que je nommerai jurisprudence Gamaliel.

Souvenez-vous, le pharisien Gamaliel « sauve la mise » des apôtres devant le Sanhédrin, dans les tout premiers temps de la prédication de l’Évangile, à Jérusalem. Alors que le conseil est près de les condamner, il se lève et dit : « Si leur propos ou leur œuvre vient des hommes, elle se détruira d’elle-même ; mais si vraiment elle vient de Dieu, vous n’arriverez pas à les détruire » Actes 5, 38-39.

De la même façon, nous disons que si les arguments qui sont opposés aux femmes pour réserver les ministères ordonnés aux hommes, viennent de Dieu, alors, ils tiendront. S’ils viennent des hommes, ils tomberont d’eux-mêmes.

Pour autant, la certitude que j’ai qu’ils tomberont d’eux-mêmes ne nous dispense pas de réfléchir un peu à la question.

L’argument de la masculinité du Christ m’a toujours semblé difficile à tenir. Pourquoi faudrait-il, pour être en figure du Christ, « in persona Christi » être de sexe masculin. Pourquoi confisquer l’universalité du Christ au profit d’un seul sexe au risque de rendre la « figure » hémiplégique ?

L’argument que c’est un choix que le Christ lui-même a fait, a toujours beaucoup plus retenu mon attention. En effet, pourquoi le Christ, qui de façon indiscutable ne montre pas la moindre trace de misogynie, au contraire, il est à l’aise avec les femmes, il n’est qu’à le voir avec la Samaritaine, avec Marthe et Marie, avec Marie-Madeleine ne choisit-il aucune femme parmi les douze ?

Intention symbolique ou soumission au modèle culturel ?

J’avoue que je ne voyais pas bien ce maître, si libre, s’incliner sur un point si crucial devant les us du temps.

Alors si le choix est symbolique, de quoi est-il symbolique ? Est-il nécessaire, impératif, de le respecter aujourd’hui ?

La lecture de l’excellent ouvrage de Maurice Vidal, Cette Église que je cherche à comprendre, aux Éditions de l’Atelier link m’a ouvert une voie de compréhension.

Maurice Vidal rappelle une chose que je savais, mais sa façon de le dire, et sans doute ma façon de le lire ont opéré comme une révélation. En effet, le choix de Jésus de douze hommes juifs est tout sauf un effet du hasard. Jésus-Christ est le Messie qui accomplit la promesse et qui va rassembler Israël. Aussi choisit-il pour symboliser ce nouvel Israël douze hommes juifs, qui figurent les douze fils de Jacob et donc les douze tribus d’Israël. L’intention du Christ est bien et de renouveler et d’accomplir l’Alliance dans la continuité de l’histoire sainte d’Israël. Du passé, le Christ ne fait pas table rase, au contraire, il fonde en enracinant.

Très bien voilà qui justifie ô combien le choix initial et fortement symbolique des douze hommes juifs.

Mais ensuite, les premières communautés chrétiennes, et Paul à leur tête ont bien compris que la nouvelle Alliance conclue dans le sang du Christ avait une vocation universelle et qu’en Christ, Dieu ne rassemblait pas seulement la maison d’Israël, les fils de Jacob, mais l’humanité tout entière. Vision grandiose à laquelle l’assemblée de Jérusalem, et Pierre à sa tête, souscrit pleinement. Et Paul pourra avoir ces mots sublimes : « Il n’y a ni Juif ni Grec, il n’y a ni esclave ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme ; car tous vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus ».

Et de fait, l’Église pour donner une succession aux apôtres ne s’embarrassera pas de choisir douze hommes juifs. Bien vite, elle en choisira plus de douze, parce que la moisson est abondante et qu’il faut des bras, et elle ne considérera pas comme déterminant de les choisir juifs. Alors pourquoi pendant deux mille ans les choisit-elle hommes ? Par convention, par habitude, parce que ça ne venait à l’idée de personne que les femmes puissent être capables et dignes (que les curieux et curieuses lisent les propos de saint Thomas d’Aquin sur la faiblesse des femmes).

Qui aujourd’hui oserait prétendre que les femmes ne sont pas dignes ou capables ? Certainement pas notre frère cardinal archevêque de Paris, André Vingt-Trois, qui s’en est expliqué. Alors, que reste-t-il ? Le fameux symbole des douze fils de Jacob figurant les douze tribus, si puissant pour les contemporains du Christ nous parle-t-il ? Non. Il ne reste que des arguments oiseux sur la « nature » des hommes et des femmes sur la fameuse égale dignité dans la différence qui me font toujours penser à cette réplique de Coluche, « et certains seront plus égaux que d’autres ! »… par nature !

Allez, je ne suis pas une pétroleuse, je suis patiente le fruit tombera quand il sera mûr. Mais de temps en temps, secouons l’arbre.

  Christine Pedotti 

 

Par comite de la jupe - Publié dans : réflexions diverses
Voir les 9 commentaires
Mercredi 22 avril 2009 3 22 /04 /Avr /2009 19:22



Certaines enquêtes signalent un accroissement des demandes de radiation des registres de baptême, 19 en un mois au lieu de 6 dans l'Eure, par exemple.
Il y  a toujours eu un petit mouvement en ce sens, mais là, on sent à plein nez "l'effet Benoît". 

Ce sont de tristes démarches, parmi les plus douloureuses pour un pasteur. J'ai de la peine pour les prêtres qui doivent y souscrire.


     Et en plus, vous n'êtes pas si vieux que cela...

Certes, on n'annule pas un baptême, mais on inscrit tout de même sur l'acte la mention de demande de radiation.

On aura beau dire que ces personnes n'avaient peut-être pas vraiment la foi, que le Christ est plus grand que l'Eglise, il n'empêche... dur dur!

Que dire, que faire? Seulement dire et redire à ceux qui désespèrent de l'Eglise, comme une suggestion sans jugement, que ce sont nous tous, vous et moi, qui la constituons. Et que, avant de partir, pourquoi ne pas se demander ce que l'on aimerait voir se faire si on y restait, et ce que l'on peut faire pour y rester?

Mais pour cela, mieux vaut ne pas être seul. Nous devons être nombreux et nombreuses pour espérer changer quelque chose, même si l'Evangile gagne avec le coeur de chacun, sans qu'il faille faire nombre.
Alors, avant de flancher, envoyez-nous un mail et on parle de ce que l'on peut et de ce qu'on veut faire.
AS.
Par comite de la jupe - Publié dans : réflexions diverses
Voir les 0 commentaires
Vendredi 3 avril 2009 5 03 /04 /Avr /2009 20:17
Dans les récents débats qui ont agité catholiques et médias, on a souvent entendu dire, presque comme une évidence tranquille, que "le pape ne pouvait pas faire moins que de défendre le préservatif et la contraception." 
Il est vrai que le "Catéchisme de l'Eglise catholique", en plusieurs de ses articles, interdit toute pratique qui détournerait le couple de la naturelle procréation qui suivrait leur union.
Mais deux choses me paraissent importantes à souligner.
La première est qu'il ne s'agit pas d'une matière entraînant un engagement jugé infaillible. Il suffit de jeter un regard sur la succession de ces Catéchismes officiels pour constater que, si les principes restent, les dispositions en matière morale évoluent.
Mais surtout, je voudrais faire part ici de mon interrogation : Est-il chrétien de s'incliner devant la profusion de la vie biologique? Pourquoi l'Eglise s'enferme-t-elle dans des positions qui exaucent davantage la loi naturelle que le dogme de l'incarnation ?
Le préservatif et la contraception sont des dispositifs qui entravent l'éclosion spontanée de la vie qui traverse naturellement le vivant, y compris l'homme et la femme.  
Mais nous chrétiens n'adorons pas cette vie brute, sauvage, que nos corps génèrent. Notre religion est celle de l'incaranation, c'est-à-dire de ce qui "prend chair" et dont nous avons à être ensuite les protecteurs.
Avant, il me semble particulièrement avisé, sage, au contraire, de chercher à maîtriser une vie débridée, trop naturelle....  

Ceci pour dire qu'il n'est jamais inutile de s'interroger de manière critique sur les dispositions éthiques du magistère. Bon de tenir tout cela à bonne distance, à l'aune de son Credo. 
Dommage que certains chrétiens ne s'en avisent pas et que les médias ne soient pas conscients des enjeux, et de considérer les chrétiens pour des benêts.
A moins que les médias demandent simplement au pape de tenir le rôle de celui qui rappelle une norme, peu importe d'ailleurs laquelle, mais qui la rappelle, parce que dans cette société déboussolée, qui manque de repères et d'hommes ou d'institutions qui les professent, il faut confier ce job à quelqu'un. Qui fera le garde barrière, le douanier aux frontières, et qui, ainsi affranchira tous ceux de l'intérieur de leur service de garde? Eh bien, ce sera le pape!
Enfin, quelqu'un qui dit "non!", pour que tout le monde puisse en paix faire le contraire.
Anne Soupa
Par comite de la jupe - Publié dans : réflexions diverses
Voir les 4 commentaires
Samedi 21 mars 2009 6 21 /03 /Mars /2009 00:57

Dans cette sombre histoire de Sida, de préservatif, et de propos du pape, il me semble que les choses ne sont pas à leur place.

D’un côté, il y a une maladie, transmissible et souvent mortelle, et parmi les modes de transmission, il y a les relations sexuelles non-protégées.

De l’autre côté, il y a le légitime et puissant appel de l’Église pour que les relations d’amour entre les hommes et les femmes (il serait plus politiquement correct de dire entre les personnes, mais ce serait encore un sujet de polémique, puisque les relations amoureuses et sexuelles entres personnes du même sexe sont condamnées) s’inscrivent dans la durée, la fidélité et la fécondité.

 

Contre la maladie, il y a, comme pour toutes les maladies, l’information, la prévention, la recherche et les soins aux malades. Dans le cadre de la prévention, il y a le préservatif qui en faisant obstacle physiquement à la transmission du virus est efficace. Bien sûr, il peut se produire des accidents, le latex n’est que du latex. La prévention n’est donc pas fiable à 100%. Et alors ? Est-ce une raison pour exposer les 97% qui auraient pu être protégés ? Le préservatif n’est pas un problème moral c’est un moyen de prophylaxie, fiable à 97%. Dont acte.

 

Par ailleurs, la maîtrise des appétits et des pulsions, le goût de la fidélité, de la stabilité amoureuse et sexuelle ne sont pas des moyens de lutte contre le Sida, ce sont des moyens de bonheur. Tout le monde rêve d’être amoureux et heureux pour la vie entière avec la même personne, même si beaucoup croient ce rêve inatteignable.


Le métier du pape ne devrait-il pas être de parler du bonheur, d’appeler les hommes et les femmes à oser faire le pari de l’amour, à prendre le risque de s’engager ?

Je rêve d’un pape qui appellerait ceux qui s’aiment à s’aimer plus encore, ceux qui se tournent le dos à prendre sur eux de se pardonner, d’effacer leurs fautes et de panser mutuellement et avec tendresse leurs blessures. Je rêve d’un pape qui dirait « Osez », « Osez faire le pari de l’amour pour toujours, au nom de Dieu, je vous en crois capables ! »

 Pourquoi le pape parle-t-il du préservatif ? Est-ce son rôle ? Non, non, et non !

Papes, frère Benoît, et ceux qui viendront après toi, parlez-nous d’amour, parlez-nous de Dieu, parlez-nous de nous. Parlez-nous de Dieu qui nous rêve plus grands que nous-mêmes. Donnez-nous une grande espérance ! Rendez-nous à Dieu et le latex aux hygiénistes.

PS: quelques notes de musiques et mots de bonheur ne nous feront pas de mal
link
Par comite de la jupe - Publié dans : réflexions diverses
Voir les 6 commentaires
Vendredi 20 mars 2009 5 20 /03 /Mars /2009 18:53

 

 

Le Saint Père est venu en Afrique, pour "dénoncer les forces extérieures qui exploitent les faiblesses du cœur humain, attisent les guerres pour vendre des armes, soutiennent ceux qui sont au pouvoir au mépris des droits de l'homme et des principes démocratiques"[1]. 

Qui, mieux que le chef spirituel d'une religion qui dispute à l'Islam le titre de plus grande religion du monde, est aujourd'hui assez indépendant pour dire ces choses-là ? Personne. La place du pape dans le monde est irremplaçable. Le nier serait faire une politique du pire. Du reste, lorsque le Saint Père constate, avec d'autres, que "le préservatif ne résout pas le problème du Sida", il joue son rôle de guide paternel, soucieux de conjurer le fléau dans toutes ses dimensions.

On est d'autant plus blessé de voir son autorité tournée en dérision. Une fois de plus, le mal est fait. En un éclair, Benoît XVI a dévoilé au monde stupéfait l'ignorance du cercle qui l'informe. Non, Très Saint Père, l'usage responsable du préservatif  n'"aggrave" pas le SIDA ! Le XXe siècle nous a trop appris qu'à partir de généralisations biaisées, une logique implacable peut conduire à des catastrophes.

Au delà de toute polémique,  l'explication désarmée que certaines personnes autorisées furent contraintes de donner a posteriori dénote aussi une méconnaissance pathétique des méthodes qui  permettent de faire reculer les épidémies.

En termes de prévention ou de traitement à l'échelle de populations touchées par des maladies transmissibles, en effet, la plupart des progrès accomplis depuis près d'un siècle, l'ont été grâce à des comparaisons très précises de fréquences et de gravité des risques, en d'autres termes, grâce au calcul des probabilités, sans lequel aucun traitement ni aucun médicament n'est aujourd'hui validé.

Réfléchissons un instant à l'explication donnée :

-         La probabilité qu'un homme soit infecté et transmette son infection à une femme par un préservatif emprunté à un ami existerait-elle si cet homme avait normalement accès à des préservatifs ?

-         A l'échelle de l'Afrique, le risque d'infection par un préservatif vieux ou sale est-il un cas plus fréquent que les millions de transmissions infligées, faute de préservatifs, par des rapports sexuels non protégés? 

  Soyons sérieux : les dissertations sur la loi naturelle selon Aristote et saint Thomas, risquent de prendre des accents prométhéens lorsqu'elles placent le concept au-dessus de la vie. Quand le mal est mortel, toute femme le sait, il faut choisir le moindre pour le conjurer.

 Le nier est dangereux.

Que faire ? C'est un devoir des laïcs, d'oser dire, au moins qu'une réflexion sur la loi naturelle ne peut être préparée sans danger par un cénacle d'hommes qui s'appuient sur des textes antiques et médiévaux et ont, de surcroît,  prononcé le vœu de renoncer à toute vie sexuelle. Ce vœu est respectable et respecté en termes de noces mystiques, mais il est lourd de conséquences, en termes d'expérience de la vie. Que des hommes comblent le manque qu'ils ont choisi ou que la logique de l'institution leur impose, en légiférant entre eux sur la vie des couples, c'est, non seulement imiter ceux qui n'ont que "mépris pour les principes démocratiques", mais s'exposer à la risée. 

Dans la vie de tous les jours et de toutes les nuits, en effet, ce sont les cas imprévus et parfois limites qui révèlent, à l'évidence, les limites de la Loi, même si cette loi indique l'absolu.

Le Christ n'a jamais nié ce paradoxe. Il n'abroge pas un iota de la Loi, mais Il guérit un jour de sabbat et ne condamne pas la femme adultère. Il se laisse toucher par une femme intouchable et l'envoie, guérie, en mission : "Va, ta foi t'a sauvée" Non pas "Je te sauve", mais, avec un infini respect de l'Esprit présent en elle : "Ta foi t'a sauvée".

Il faut imiter le Christ lorsqu'il soigne. Vous qui informez le Saint Père, n'aggravez le malaise de ceux qui quittent l'Eglise à bas bruit !

 

Elisabeth Dufourcq

Ancien ingénieur de recherches dans l'unité INSERM

Maladies tropicales et Sida de la Pitié Salpétrière ( 1984-1995)

Ancien membre du comité national d'Ethique

Auteur de l'Histoire des Chrétiennes ( Bayard réédition 2009)

 

 



[1] Document de 60 pages distribué aux évêques à la suite de la messe célébrée le 19 mars dans le stade de Yaoundé.

Par comite de la jupe - Publié dans : réflexions diverses
Voir les 7 commentaires
Jeudi 19 mars 2009 4 19 /03 /Mars /2009 23:15


Voici l'article paru le 19 mars dans Libération

La théologienne Anne Soupa, fondatrice du Comité de la jupe, réagit aux propos du pape :

 

Recueilli par CATHERINE COROLLER

Anne Soupa est théologienne et fondatrice du Comité de la jupe, créé en réaction aux propos du cardinal archevêque de Paris, André Vingt-Trois. Interrogé sur la place des femmes dans l’Eglise, le prélat avait répondu : «Le tout n’est pas d’avoir une jupe, c’est d’avoir quelque chose dans la tête.»

Que vous inspirent les propos du pape sur le préservatif qui aggraverait le problème du sida ?

Sachant l’écho que cela va avoir en Afrique, ces propos sont irresponsables. Il faut savoir que pour les Africains le sida est une maladie importée par les Blancs, et le préservatif un remède imposé par les Blancs. Pour leur faire accepter le préservatif, il faut mener des campagnes répétées. Avec de tels propos, le pape met les acteurs de terrain dans une position impossible.

Jusqu’à quel point l’Eglise a-t-elle le droit de se mêler de morale sexuelle ?

Elle a à dire la norme sur les questions de morale, mais je ne suis pas d’accord avec les intrusions du magistère dans les questions de sexualité. Je suis choquée que l’encyclique Humanae Vitae [publiée par Paul VI en 1968, ndlr] se mêle de contraception. L’Eglise n’a pas à savoir ce qui se passe dans la chambre à coucher. Je fais une distinction pour les lois de bioéthique. Le début et le terme de la vie concernent tout le monde, l’Eglise aussi.

Jean Paul II n’avait-il pas condamné, lui aussi, le préservatif ?

Benoît XVI a franchi un degré de plus en déclarant que le préservatif «aggrave» le problème. En plus, il l’a dit dans l’avion, avant d’avoir écouté les gens, ce qui signifie qu’il avait un discours normatif tout prêt.

Comment jugez-vous le pontificat de Benoît XVI ?

Il pose les limites d’un système trop cléricalisé. Le Vatican, la Curie, les personnes en situation de responsabilité vivent en dehors du monde réel. Il faudrait que la place des laïcs soit plus grande dans l’Eglise. Il faudrait trouver aussi un nouveau système de gouvernement. Un homme seul ne peut pas gouverner 1,5 milliard de catholiques. Au mois de janvier, le nouveau patriarche de Russie, qui a une autorité morale sur 250 millions de fidèles, a été élu par un collège de 700 personnes composé de religieux et religieuses, et de laïcs, hommes et femmes. Le pape, lui, est élu par un collège d’une centaine de cardinaux, uniquement masculins.

Benoît XVI est-il réactionnaire ?

Toutes ses décisions vont dans le sens d’une restauration du passé, jamais elles ne regardent l’avenir. Son tropisme vers les intégristes que traduit la levée de l’excommunication des évêques de la Fraternité Saint-Pie-X est grave. Le Vatican n’a toujours pas fait officiellement, non plus, de déclaration sur l’excommunication de la mère de la petite fille de Recife [Brésil, ndlr] ayant avorté de jumeaux à la suite d’un viol de son beau-père.

Etes-vous pessimiste sur l’avenir du catholicisme ?

Ce qui me rend optimiste, c’est la réactivité de la base. On assiste à la naissance d’une opinion publique catholique. Mais comment parviendra-t-elle à se faire entendre en ne se limitant pas aux canaux officiels que lui laisse le magistère ? C’est toute la question. Ce remue-ménage a été suivi bon gré mal gré par l’épiscopat. On sent, dans les déclarations récentes d’André Vingt-Trois lorsqu’il dit que «l’Europe occidentale n’a pas à garder les yeux rivés sur la péninsule italienne»,une prise de distance vis-à-vis du Vatican. Le haut clergé a compris qu’il était dans une impasse et que cela ne pouvait pas durer.

Par comite de la jupe - Publié dans : réflexions diverses
Voir les 9 commentaires
Mardi 3 février 2009 2 03 /02 /Fév /2009 20:39

3 février

Voici un commentaire déposé sur le blog d'Isabelle de Gaulmyn, correspondante de La Croix à Rome.  

Bonsoir Isabelle, je suis désolée, mais je vous tiens grief de votre recension du 29 janvier 09 du livre d'Elisabeth Dufourcq, "Histoire des chrétiennes, l'autre moitié de l'Evangile".
Vous annoncez d'emblée que les femmes chrétiennes sont légion et bonnes croyantes. Soit.
Mais vous en déduisez aussitôt : "Ce livre offre un démenti massif à ceux qui voudraient réduire le christianisme à une vaste entreprise de misogynie." Mais d'abord, qui a dit que le christianisme n'était que cela? Et surtout, je sens la défausse : Suffirait-il que des femmes existent et soient chrétiennes pour que l'Eglise ne soit pas misogyne? Je trouve cette hypocrisie assez redoutable et je la vois pratiquée quotidiennement dans mon Eglise :
"Comme vous êtes nombreuses! Vous êtes partout. Donc, l'Eglise n'est pas misogyne." Et la boucle est bouclée : "circulez, il n'y a rien à voir!"
Il est temps de démasquer la tromperie contenue dans de tels propos.
Il me semble qu'il y a certaines causes où il faut oublier de donner uncoup à gauche un coup à droite, pour faire bonne mesure. Là, c'est tellement flagrant, tellement incontestable, cette misogynie ecclésiale, qu'il faut choisir son camp et pour de bon; j'espère vous y retrouver.
Cordialement.
Anne Soupa, Comité de la jupe.

Par les deux soeurs - Publié dans : réflexions diverses
Voir les 0 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus